La volatilité (HV) générale du dollar reste inscrite dans une tendance de fond à la détente, mais la composante de court terme s’est redressée. Cette reprise ne se diffuse toutefois pas uniformément à l’ensemble des devises, la volatilité (HV) globale recule légèrement sur la semaine, avec des tensions davantage concentrées sur certaines zones, comme l’Europe et l’Afrique, tandis qu’elles se détendent en Asie et en Océanie. À ce stade, le récent regain de volatilité (HV) relève davantage d’une hausse ponctuelle que de l’installation d’un régime durable ou généralisé.
La paire EURUSD est à surveiller à court terme.
La volatilité (HV) générale de l’euro reste inscrite dans une tendance de fond à la détente, malgré une légère progression sur la semaine. La composante de court terme se redresse plus nettement et cette remontée commence à se diffuser, principalement en Europe et en Asie. À l’inverse, la volatilité se détend sensiblement en Afrique, reste presque stable en Amérique et évolue peu en Océanie. À ce stade, son regain ne traduit pas l’installation d’un régime durable ou généralisé.
Les paires EURJPY et EURCHF sont à surveiller.
Cette semaine, le signal se durcit. La paire EURUSD recule et le différentiel de taux US/EU ne se contente plus de rester favorable au dollar, il s’élargit au-delà du très court terme. Le différentiel de front ne gagne qu’environ 2 pb, mais son niveau moyen progresse de près de 19 pb et sa pente passe de -6 à +9 pb, ce qui renforce nettement la pente de la courbe forward à partir de 2027.
La baisse du spot reste le principal moteur du recul des forwards. Sur les échéances plus lointaines, la structure de taux atténue toutefois une partie de ce mouvement. Cela ne change pas le signal de fond, le marché de taux ne valide pas de reprise durable de l’euro et le carry reste favorable au dollar.
À ce signal de taux s’ajoute désormais un facteur de flux. Les sorties de l’obligataire européen accentuent la pression sur la monnaie unique, tandis que la progression du franc suisse montre qu’une partie des capitaux cherche également une protection à l’intérieur même de l’Europe. Le mouvement ne se limite plus à un simple avantage relatif du dollar, il intègre aussi une prime de risque croissante sur l’Europe, susceptible de peser davantage sur l&a paire si ces flux devaient s’amplifier.
Le changement le plus notable vient des conditions de financement dollar/euro, qui se creuse de -2,68 à -6,87 en une semaine, avec une accélération sur les deux dernières séances. Contrairement à la semaine précédente, le financement se tend de nouveau à un niveau qui n'est pas encore dramatique, ce qui va probablement renforcer la demande de dollar et réduire la capacité des rebonds de la paire. La configuration reste ainsi baissière à court terme, le différentiel de taux s’est élargi, la courbe forward s’est davantage pentifiée, les flux obligataires deviennent défavorables à l’euro et les conditions de financement en dollar se dégradent. Tant que ces facteurs ne se normalisent pas, les reprises d’EURUSD devraient rester davantage des rebonds techniques qu’un véritable retournement.
La volatilité (IV) de la paire se redresse nettement sur la semaine, passant de 5,91 % à 6,96 %, après un pic à 8,09 % le 1er octobre. La volatilité (HV) reste en revanche plus contenue et ne suit pas cette remontée dans les mêmes proportions. L’écart entre IV et HV se creuse, traduisant une hausse du prix de la protection davantage qu’un régime de volatilité déjà installé. À ce stade, le marché anticipe davantage de risque, mais la HV ne confirme pas encore l’installation d’un mouvement durable ou désordonné.
Cette semaine, peu d’éléments nouveaux viennent modifier notre lecture du marché actions américain. Les développements récents tendent surtout à confirmer les tendances déjà en place plutôt qu’à en faire émerger de nouvelles.
La détente anticipée sur les autres segments du marché américain devrait créer un environnement favorable aux actions. Le financement de l’intelligence artificielle entre parallèlement dans une nouvelle phase. SoftBank a désormais concrétisé son engagement auprès d’OpenAI après avoir levé les capitaux nécessaires sur le marché obligataire. Le coût de cette dette montre à quel point la compétition devient exigeante financièrement, mais il montre aussi que les investisseurs restent disposés à fournir les sommes nécessaires.
La principale confirmation de la semaine vient des bénéfices. Les anticipations d’EPS du S&P 500 ont encore été relevées. La progression du marché ne repose donc pas uniquement sur une hausse des multiples, l’amélioration attendue des résultats continue d’apporter un soutien fondamental aux cours.
Nous avons justement élargi notre module consacré au S&P 500 en intégrant le calcul du P/E, le rendement bénéficiaire de l’indice ainsi que son écart avec le rendement du Treasury à 10 ans. Cela vous permettra de mieux distinguer ce qui relève de la croissance des bénéfices de ce qui provient d’une simple revalorisation du marché.
Pour le marché actions américain, l’équation reste donc favorable. Les conditions de liquidité sont stables, les investissements demeurent massifs, les capitaux restent accessibles et les anticipations de bénéfices progressent. Dans cet environnement, nous ne voyons toujours pas les éléments susceptibles d’enclencher une spirale baissière durable sur les actions américaines.
Pour les actions européennes, c’est une autre histoire. Outre le manque de perspectives, les nouvelles tensions autour de l’harmonisation du fonctionnement des marchés financiers rappellent combien le chemin vers un véritable marché unique des capitaux reste encore long. À cela s’ajoutent les tensions provoquées par le chaos de la gestion d’Emmanuel Macron en France, qui alimentent désormais une pression supplémentaire sur le secteur bancaire européen, et plus particulièrement français, avec une nette hausse des primes de risque bancaire.
La semaine lunaire française
Cette semaine, nous avons été profondément choqués par les événements survenu en France.
Le blocage des lycées avait commencé sans violence. Emmanuel Macron et son gouvernement ont pourtant cru bon d’y répondre par la force. Ce qui devait arriver est arrivé, après plusieurs années marquées par des affaires de violences policières particulièrement graves. L’affaire Nahel reste évidemment dans toutes les mémoires. Un jeune de banlieue tué lors d’un contrôle routier, dans une scène filmée qui avait immédiatement contredit la première version donnée des faits dont l'auteur a ete reintegré dans les forces de police. À Marseille, un autre jeune homme a été laissé entre la vie et la mort après une intervention policière, au point de devoir subir l’ablation d’une partie de sa boîte crânienne. Lors des manifestations contre la réforme des retraites, les blessures graves, les mains arrachées et les yeux perdus se sont également accumulés.
En Iran, on tire à balles réelles sur les manifestants. Dans la France d’Emmanuel Macron, on préfére mutiler à coups de LBD ou de grenades. La comparaison est volontairement brutale, mais elle traduit un malaise profond, celui d’un pays dans lequel une partie croissante de la population considère que le maintien de l’ordre s’est progressivement transformé en stratégie d’intimidation.
Un malaise d’autant plus difficile à balayer que les pratiques françaises de maintien de l’ordre depuis que Macron est au pouvoir ont été mises en cause à plusieurs reprises bien au-delà de nos frontières. Des organes des Nations unies ont fait part de leurs graves préoccupations concernant l’usage excessif de la force et celui d’armes intermédiaires susceptibles de provoquer des blessures graves. Le Conseil de l’Europe a lui aussi directement rappelé la France à ses obligations, dénonçant l’usage excessif de la force et appelant les autorités à protéger les manifestants pacifiques contre les violences policières. Il ne s’agit donc plus seulement d’une accusation portée par les opposants au gouvernement, les méthodes françaises de maintien de l’ordre font depuis plusieurs années l’objet de critiques émanant d’institutions internationales chargées précisément de la protection des droits fondamentaux.
Cette semaine, bis repetita.
Un adolescent de 14 ans qui se rebellait n’a pas simplement été maîtrisé puis interpellé comme on serait en droit de l’attendre dans un État de droit. Il a reçu un tir de grenade à très courte distance au visage. La scène ayant été filmée, il était malheureusement prévisible que les images provoquent dès le lendemain une réaction violente d’une partie de la jeunesse.
Le problème dépasse désormais largement la seule question du maintien de l’ordre.
Après près de dix années de macronisme, l’exaspération est générale. L’Éducation nationale est exsangue, l’hôpital est à bout de souffle, les services publics sont en lambeaux. Des filières industrielles d’excellence ont disparu ou ont été vendues. L’agriculture et la pêche sont en état de mort cérébrale. Dans de nombreux territoires, la population voit l’État reculer partout.
À cela viennent s’ajouter toutes les interrogations qui entourent depuis des années le parcours et les décisions d’Emmanuel Macron.
Avant sa mort, le député Olivier Marleix avait notamment saisi la justice au sujet de soupçons concernant certaines opérations économiques auxquelles Emmanuel Macron avait été associé lorsqu’il était ministre. Nous continuons de considérer que toute la lumière doit être faite sur les dossiers Alstom, Technip, Alcatel, EDF et, plus généralement, sur les grandes opérations industrielles conduites ou accompagnées durant cette période.
Les mêmes exigences de transparence doivent s’appliquer aux conditions du financement de ses campagnes électorales, aux relations avec Havas et le groupe Bolloré, aux conditions consenties à certaines grandes entreprises ou encore aux décisions concernant des terrains appartenant à l’État. Il ne s’agit pas de condamner avant que la justice ne se prononce. Il s’agit précisément de demander que la justice puisse enquêter, établir les faits et répondre à des questions qui, pour certaines, restent posées depuis des années.
Quant au budget, il devient difficile de demander encore aux Français de croire au discours permanent sur la nécessaire austérité.
Le Parlement vient en effet d’adopter une actualisation de la loi de programmation militaire ajoutant 36 milliards d’euros supplémentaires aux dépenses prévues pour les armées entre 2026 et 2030. Loi promulguée le 16 août 2026.
36 milliards supplémentaires pour la Défense peuvent donc être trouvés en quelques mois. Dans le même temps, chaque dépense supplémentaire pour l’hôpital, l’école ou les services publics est présentée comme une menace pour l’équilibre des finances publiques. C’est ce contraste qu’il devient de plus en plus difficile d’expliquer aux Français. À cela s’ajoute le coût de la démonstration militaire décidée au Moyen-Orient.
Tout cela pose une question politique simple, au moment où l’on explique aux Français qu’il faut économiser sur les retraites, les services publics, la santé ou les collectivités, comment justifier que des dizaines de milliards puissent être dégagés aussi rapidement pour le réarmement et qu’un milliard supplémentaire puisse être absorbé en quelques mois par l’intensification d’opérations militaires extérieures ?
Ce n’est pas la légitimité de disposer d’une armée qui est en cause. C’est la hiérarchie des urgences budgétaires imposée aux Français. L’origine même de ce déploiement mérite d’être rappelée. Le 3 mars, après l’attaque de Chypre et la détection de 2 drones se dirigeant vers les bases britanniques d’Akrotiri, Emmanuel Macron ordonne au groupe aéronaval du Charles-de-Gaulle, alors engagé en Atlantique Nord, de faire route vers la Méditerranée orientale. Autrement dit, un incident initial impliquant 2 drones à 6.000 € a servi de point de départ à une projection militaire française d’une ampleur considérable. La protection de Chypre et des ressortissants français constitue évidemment une mission légitime de l’État. Mais la disproportion entre la menace initiale et les moyens finalement mobilisés mérite au minimum d’être interrogée, particulièrement lorsque le gouvernement annonce parallèlement près d’un milliard d’euros de surcoûts opérationnels et explique aux Français qu’il n’existe plus de marge budgétaire pour l’hôpital, l’école ou les services publics.
C’est précisément là que se situe le problème, personne ne demande à la France de renoncer à sa défense. Nous demandons simplement pourquoi la contrainte budgétaire semble devenir absolue lorsqu’il s’agit des services publics, mais beaucoup plus relative dès lors qu’Emmanuel Macron décide de projeter une part substantielle de la puissance militaire française à plusieurs milliers de kilomètres de nos côtes pour 2 drones !
Le résultat politique devient catastrophique. Les Français sont tellement désabusés qu’une partie d’entre eux envisage désormais de chasser ce personnel politique en portant au pouvoir une dirigeante d’extrême droite elle-même condamnée dans une affaire de détournement de fonds publics. Voilà le bilan politique le plus terrible du macronisme, avoir tellement détruit la confiance dans les institutions, les partis traditionnels et la parole publique qu’une partie du pays en arrive à considérer l’extrême droite comme la seule possibilité d’alternance.
Les conséquences ne resteront pas cantonnées à la politique intérieure. Sur le marché obligataire européen, nous venons d’assister au retrait de la mer avant le tsunami. La France cumule désormais déficit massif, dette incontrôlée, défiance populaire et incapacité apparente à produire une trajectoire budgétaire crédible. À mesure que la crise politique se transforme en crise de confiance, la question n’est plus seulement celle du gouvernement ou du prochain budget, c’est progressivement la prime de risque française qui entre dans l’équation.
Le marché peut ignorer longtemps la politique. Il ne peut pas ignorer indéfiniment la solvabilité, l’instabilité institutionnelle et la perte de crédibilité budgétaire.
Et derrière cette situation, une responsabilité politique domine toutes les autres, celle d’Emmanuel Macron.