Évaluation des Mouvements de Marché, Volatilité et Tendances

Chaque semaine, nous mettons à votre disposition une anticipation des produits phares des marchés financiers

En nous appuyant sur des modèles statistiques avancés. Nous scrutons l'évolution du marché obligataire, étudiant les rendements, les spreads et la volatilité pour anticiper les mouvements futurs. En outre, nous examinons les tendances et la volatilité du marché des changes, en mettant particulièrement l'accent sur la parité EURUSD, et enfin, nous regardons les indices actions en analysant plus particulièrement sur l'indice d'action US S&P 500, avec un bref aperçu de son marché d'options.
Avec l'ensemble de ces anticipations, notre objectif est de vous fournir une vision plus éclairée des mouvements futurs du marché.

Mis en ligne : 26-10-2026 - 09:30 GMT
Mémento
USMarché obligataire américain
Courbe de taux US

La détente des taux monétaires à terme se poursuit pour la deuxième semaine consécutive, mais sa répartition confirme un marché de plus en plus différencié selon les horizons. Alors que les échéances rapprochées conservent une remarquable stabilité, le recul des OIS SOFR s'amplifie progressivement à partir de 1 an pour devenir nettement plus important sur les maturités intermédiaires et longues. L'OIS à 2 ans cède encore 6.3 bp, à 4.532 %, prolongeant pratiquement au même rythme son mouvement précédent. Son écart avec le SOFR au comptant se contracte de nouveau, revenant à 63.2 bp, contre 70.6 bp une semaine auparavant selon les références utilisées pour la courbe. Le 5 ans perd près de 11 bp et le 7 ans environ 12.5 bp, tandis que le 10 ans synthétique recule de 15 bp. À l'inverse, les OIS 1 et 3 mois restent quasiment inchangés et le 6 mois ne diminue que de 2 bp.
Cette dissociation prolonge la réévaluation des conditions monétaires futures identifiée la semaine précédente, sans remettre directement en cause le niveau actuel du financement au jour le jour. Le fait que la courbe OIS brute confirme la détente jusqu'à 7 ans renforce la réalité du mouvement, même si l'extension synthétique aux maturités plus longues ne constitue pas une référence entièrement indépendante du marché souverain. La structure des futures SOFR conserve également des écarts importants entre les premiers contrats, puis devient beaucoup plus plate à partir des échéances suivantes. Le marché continue ainsi de différencier fortement les conditions monétaires rapprochées de celles qu'il valorise au-delà de 2027. Cette évolution reste compatible avec une modération des taux futurs exigés sur les horizons intermédiaires, mais ne suffit pas à établir un scénario précis de décisions de la Réserve fédérale. La réunion de la Fed des 27 et 28 octobre constituera à cet égard un rendez-vous important pour apprécier si sa communication confirme cette différenciation entre la fermeté des conditions monétaires immédiates et la détente des taux à terme.

Sur le marché des Treasuries, la détente se prolonge également, tout en perdant une partie de l'intensité observée la semaine précédente. Le 2 ans recule de 2.7 bp, à 4.684 %, tandis que le 5 ans cède 6.1 bp, à 4.810 %. La baisse atteint 7.2 bp sur le 7 ans et 7.9 bp sur le 10 ans, dont le rendement repasse sous 5 %, à 4.997 %.
Les maturités les plus longues enregistrent les diminutions les plus importantes, proches de 10 bp sur les 20 et 30 ans. Cette distribution confirme la persistance d'une demande ou d'une réévaluation favorable à la duration longue, mais elle représente un ralentissement sensible par rapport à la correction précédente, lorsque les rendements intermédiaires et longs avaient diminué de 15 à 18 bp. Le mouvement hebdomadaire reste positif pour les prix obligataires, sans présenter la même continuité. Après une remontée initiale des rendements, la séance du 22 octobre concentre l'essentiel de la correction, avec une baisse de plus de 16 bp sur le 10 ans, avant un rebond partiel le lendemain. La détente se poursuit, mais sa progression devient moins régulière et davantage dépendante de quelques séances de forte amplitude.

L'aplatissement de la courbe se poursuit, mais à un rythme plus modéré. Le spread 10 ans vs. 2 ans se contracte à 31.3 bp, tandis que le 30 ans vs. 10 ans se resserre légèrement. En revanche, l'écart entre le 2 ans et le bill à 3 mois reste stable, confirmant que le mouvement provient essentiellement de la détente des rendements longs. Les déformations internes demeurent limitées, avec une légère surperformance du 5 ans et un rendement du 20 ans toujours supérieur à celui du 30 ans. Malgré la correction récente, la courbe conserve sur vingt séances une pente plus importante qu'à la fin septembre.
La principale inflexion concerne la valorisation relative des Treasuries. Après leur compression précédente, les spreads Treasury contre OIS s'élargissent de 3 à 5 bp sur les maturités intermédiaires, mouvement également confirmé par la courbe OIS brute. Les rendements souverains continuent de baisser, mais moins rapidement que les OIS, mettant fin à leur surperformance relative. Cette évolution nuance l'amélioration de la demande souveraine évoquée précédemment, sans permettre de distinguer une modification des primes de duration, des contraintes de financement ou de l'appétit des investisseurs pour la dette américaine.

L'adjudication du Treasury à 20 ans, intervenue le 21 octobre, apporte un éclairage supplémentaire sur cette modification des équilibres. La réouverture de 13 milliards de dollars a été couverte 2.73 fois, soit une participation supérieure à sa moyenne récente, tandis que les primary dealers n'ont absorbé qu'environ 10 % des titres attribués. Ces résultats témoignent d'une capacité persistante du marché à placer les nouvelles émissions, mais leur composition est moins convaincante que celle de l'adjudication du 10 ans évoquée précédemment. La participation indirecte, proche de 58 %, reste inférieure à sa moyenne récente, tandis que la proportion des allocations directes est relativement importante. Surtout, le rendement de 5.469 % nécessite une légère concession par rapport au marché when-issued. Cette combinaison suggère une absorption correcte, mais sans demande suffisamment homogène pour éviter tout ajustement de prix. Elle ne contredit pas l'amélioration générale observée sur certaines adjudications, mais montre que celle-ci ne s'étend pas avec la même intensité à toutes les maturités. Le 20 ans continue ainsi de présenter une valorisation particulière, son rendement demeurant supérieur à celui du 30 ans malgré la détente des taux longs.

Sur le marché repo, les conditions de financement conservent une relative stabilité, malgré une légère remontée des taux au comptant. Le SOFR atteint 3.90 % et le BGCR 3.88 %, tandis que le GC négocié via DTCC s'établit à 3.936 %. Cette fermeté ne s'accompagne cependant pas d'un élargissement significatif des écarts de financement. Le spread entre le GC DTCC et le BGCR se réduit, tandis que celui du GC contre SOFR reste voisin de 3.6 bp. Les volumes BGCR diminuent légèrement, mais demeurent proches de leur moyenne récente. La distribution des transactions conserve surtout une dispersion interquartile limitée à 1 bp, avec une borne supérieure relative au taux central moins élevée que la semaine précédente. Le financement domestique reste exigeant sans révéler une augmentation généralisée des tensions. La distinction demeure importante entre un coût monétaire qui ne se détend pas et un marché dont le fonctionnement resterait perturbé par une pénurie de liquidité. À ce stade, les observations soutiennent davantage la première interprétation que la seconde.

Le règlement-livraison nuance toutefois la stabilité du repo. Malgré leur recul après le pic du 19 octobre, les fails quotidiens progressent de près de 19 % sur la semaine. Parallèlement, les conditions de financement en dollars deviennent moins favorables aux investisseurs européens. Ces évolutions pourraient refléter des contraintes communes d'intermédiation, sans démontrer de lien direct. La stabilité du repo ne révèle toutefois aucun stress généralisé du financement en dollars.

Les anticipations d'inflation expliquent une autre particularité de cette détente obligataire. Comme la semaine précédente, la baisse des rendements nominaux ne s'accompagne pas d'une révision uniformément désinflationniste des prix anticipés par les marchés. Le swap d'inflation à 2 ans progresse de nouveau, cette fois de 3.9 bp, à 2.626 %, tandis que les échéances 5 et 10 ans se redressent légèrement et que le 30 ans poursuit sa diminution.
La structure des anticipations d'inflation reste inversée, avec des tensions concentrées sur les maturités courtes et intermédiaires, sans transmission significative aux horizons éloignés. Le 5Y5Y demeure proche de 2.40 %, confirmant la préservation de l'ancrage des anticipations longues. Cette résistance inflationniste ne démontre toutefois pas une réaccélération de l'inflation effectivement observée. La détente obligataire reste principalement alimentée par le recul des taux réels reconstitués, désormais étendu à l'ensemble de la courbe. Leur baisse, associée à la résistance des anticipations inflationnistes, correspond à un régime statistique de reflation, sans nécessairement traduire une accélération économique. Toutefois, la sous-performance relative des Treasuries face aux OIS nuance cette détente et ne permet pas de conclure à une amélioration durable de la demande souveraine ni à une contraction de la prime de terme. La fermeté du financement monétaire limite également la portée de l'assouplissement observé.

Pour les investisseurs internationaux, la dégradation de la base EURUSD, passée à −7.29 bp, rend le financement ou la couverture en dollars moins favorable aux investisseurs européens. À l'inverse, la base USDJPY reste pratiquement stable autour de −24 bp, maintenant les contraintes de couverture des investisseurs japonais. La réunion de la BoJ des 29 et 30 octobre pourrait modifier ces conditions et, par conséquent, l'attractivité relative des Treasuries.

La détente obligataire américaine se poursuit, portée principalement par le recul des taux réels et des OIS, malgré la résistance des anticipations inflationnistes courtes. Toutefois, l'élargissement des spreads Treasury contre OIS, la demande plus contrastée aux adjudications et la remontée des fails nuancent l'amélioration observée la semaine précédente. Le marché continue de se détendre sans confirmation d'un renforcement durable de la demande souveraine.
La question centrale demeure celle de la capacité du marché à absorber les besoins de financement du Trésor américain. La baisse des rendements montre que la duration reste attractive, mais la sous-performance relative des Treasuries suggère une rémunération désormais moins favorable face aux OIS. La poursuite de la détente dépendra notamment de la capacité du marché à absorber les nouvelles émissions sans raviver les tensions sur les taux réels et le collatéral.

A ce jour, Les contrats à terme SOFR et les Bills n'anticipent pas de hausse des taux lors de la réunion de cette semaine. Cela correspond à une hausse cumulée d’environ 25 bp d’ici fin décembre 2026.

Volatilité USTVolatilité obligataire américaine

Sur la semaine, les spreads US vs. Allemagne de volatilité (AB HV) courte poursuivent leur élargissement sur la majeure partie de la courbe, principalement sur les premières échéances, tandis que le segment le plus long reste stable. La volatilité US demeure supérieure à celle de l’Allemagne sur l’ensemble des maturités, sans nouveau changement de hiérarchie.
Sur la volatilité (AB HV) longue, la stabilité est désormais totale, après le léger élargissement observé la semaine précédente. Les spreads US vs. Allemagne restent inchangés sur l’ensemble de la courbe, maintenant la supériorité de la volatilité américaine sans modification des écarts.
Face aux autres marchés européens, la volatilité US courte reste inférieure à celle de la France sur toute la courbe et à celle de l’Italie, sauf sur la première échéance. Les spreads avec la moyenne européenne demeurent proches de l’équilibre, malgré un léger croisement sur une maturité intermédiaire. À long terme, la hiérarchie reste inchangée, avec une volatilité US supérieure à celle de tous les marchés européens présents. Les écarts restent stables face à l’Allemagne et enregistrent quelques resserrements limités face aux autres marchés.

Volatilité (AB HV) Tendance Niveau Historique Risque variation violente Move Index (IV) HV - Move Index (IV)
Long Terme Moyen Moyen
Court Terme Normal
Volatilité des Treasuries US

La volatilité (AB HV) longue demeure strictement inchangée sur les quatre maturités, après sa quasi-stabilité précédente, elle présente une inertie, sans évolution du niveau de fond. Les spreads HV courte vs. HV longue par maturités restent positifs sur l’ensemble de la courbe, entre 60 et 120 bp. Leur élargissement se poursuit, mais ralentit nettement, +10 bp du 2Y au 10Y, contre une stabilité sur le 30Y. Cette évolution provient exclusivement de la HV courte, sans modification du régime de volatilité longue.
La volatilité (HV) reste la plus élevée sur le 5Y. Sa progression sur les maturités de 2 à 10 ans, tandis que le 30Y demeure stable, ne modifie pas sensiblement la forme de la courbe. La volatilité reste principalement concentrée sur les maturités intermédiaires.

Après la convergence observée la semaine précédente, le MOVE IV et le MOVE AB HV poursuivent leur progression, mais à des rythmes différents. La hausse de la volatilité implicite est légèrement plus marquée que celle de la volatilité historique, entraînant un nouvel élargissement de leur écart. Ce mouvement confirme le maintien d'une volatilité (HV) élevée, mais toujours inférieure à celle intégrée dans les prix des options.
Le spread IV vs. HV reste positif à 17,12 points, après un léger élargissement hebdomadaire. La contraction observée précédemment s'interrompt, indiquant un renchérissement relatif modéré de la protection optionnelle au regard de la volatilité (HV). Cette évolution concerne le périmètre du MOVE IV et de son équivalent historique AB HV, sans préjuger des conditions de couverture sur l'ensemble des options UST.

Union EuropéenneMarché obligataire européen
Courbe de taux EU

Le mouvement de détente observé sur le marché obligataire européen au cours des deux semaines précédentes s'interrompt pour laisser place à une nouvelle différenciation entre les signatures souveraines. Cette évolution marque un changement significatif dans la dynamique récente, puisque l'Allemagne poursuit la baisse de ses rendements alors que la France enregistre une remontée particulièrement prononcée sur l'ensemble de sa courbe. L'Italie subit également un ajustement haussier, mais d'une ampleur sensiblement inférieure, tandis que l'Espagne conserve une stabilité relative. Le Bund à 10 ans recule de près de 9 bp, à 3.35 %, alors que l'OAT progresse de près de 22 bp, à 5.02 %, portant leur écart de 136 à plus de 166 bp. La dégradation française est d'autant plus remarquable qu'elle intervient immédiatement après une période durant laquelle la détente générale des taux avait permis de stabiliser certaines primes souveraines. Cette fois, le marché ne se contente plus de différencier la vitesse de normalisation des rendements européens. Il impose une nouvelle augmentation de la rémunération exigée sur les engagements français, alors même que les références allemande et monétaire évoluent à la baisse. Le mouvement confirme que la hiérarchie des signatures souveraines devient un facteur de valorisation de plus en plus déterminant, indépendamment de l'orientation générale des taux européens.

L'évolution de notre courbe OIS €STR synthétique apporte un éclairage essentiel sur la nature de cette divergence. Après la détente relativement homogène de la semaine précédente, le mouvement se concentre désormais davantage sur les maturités longues. L'OIS à 2 ans demeure pratiquement inchangé, passant de 3.020 % à 3.013 %, tandis que le 5 ans recule de près de 2 bp, à 3.126 %, et le 10 ans de plus de 6.5 bp, à 3.261 %. La pente entre 2 et 10 ans se réduit ainsi de 30.7 à 24.8 bp, traduisant un nouvel aplatissement de la courbe monétaire, principalement sous l'effet du segment 5 vs. 10 ans. Contrairement à la semaine précédente, durant laquelle la détente des OIS correspondait essentiellement à un ajustement du niveau général des taux anticipés, la nouvelle configuration révèle une meilleure tenue des horizons longs face aux échéances rapprochées. Cette évolution ne permet pas d'identifier à elle seule les composantes exactes du mouvement, mais elle montre que les investisseurs ne répercutent pas uniformément leurs anticipations monétaires sur toutes les maturités. Elle fournit surtout une référence permettant de mesurer plus précisément les tensions spécifiques qui affectent les rendements souverains, particulièrement lorsque ceux-ci progressent malgré la détente simultanée de l'OIS.
Les futures €STR et Euribor continuent parallèlement de présenter une structure ascendante des taux implicites sur les prochaines échéances. Les écarts entre contrats €STR atteignent encore 20.5 bp entre septembre et décembre 2026, puis 22 bp entre décembre 2026 et mars 2027 et 16.5 bp jusqu'en juin 2027. Leur progression ralentit ensuite nettement, pour devenir pratiquement nulle à partir de la fin de 2027. Les futures Euribor confirment cette concentration des anticipations sur les premières échéances de 2027, suivie d'un profil beaucoup plus stable. Le marché continue ainsi de valoriser un resserrement monétaire progressif, sans que ces écarts permettent de déduire directement le calendrier ou l'ampleur des décisions futures de la BCE. La détente de l'OIS à 10 ans ne remet pas nécessairement en cause cette trajectoire rapprochée. Elle souligne plutôt que la rémunération exigée sur les horizons intermédiaires et longs peut évoluer indépendamment des anticipations de politique monétaire à court terme. Cette distinction devient particulièrement importante pour interpréter les mouvements divergents des obligations européennes.

L'Allemagne apparaît comme la principale bénéficiaire de cette nouvelle phase de marché. Après l'aplatissement déjà observé la semaine précédente, la courbe du Bund poursuit son mouvement, avec un recul des rendements qui s'amplifie progressivement avec la maturité. Le 2 ans cède 5.4 bp, le 5 ans près de 5 bp, le 10 ans 8.7 bp et le 30 ans plus de 11 bp. La pente entre 2 et 10 ans se réduit ainsi de 32.6 à 29.3 bp, tandis que celle entre 10 et 30 ans revient de 35.7 à 33 bp. Le ventre de la courbe reste relativement stable, avec une légère augmentation de la pente entre 2 et 5 ans compensée par un aplatissement plus marqué entre 5 et 10 ans. Cette configuration présente une certaine cohérence avec l'évolution de notre courbe OIS, même si le Bund bénéficie d'une détente légèrement supérieure sur les principales maturités. À 2 ans, son écart à l'OIS se contracte de 9.4 à 4.7 bp, tandis qu'à 5 ans il revient de près de 8 à moins de 5 bp. Sur le 10 ans, la prime se réduit plus modérément, de 11.3 à 9.2 bp. La détente allemande ne correspond ainsi pas exclusivement à une compression de ses écarts souverains, puisqu'une partie importante du mouvement accompagne celle de la référence monétaire commune. La fonction du Bund comme actif de référence, son utilisation dans les stratégies de couverture et son importance sur le marché du collatéral peuvent néanmoins contribuer à expliquer sa meilleure résistance relative lorsque les tensions entre signatures européennes s'accentuent.

La France connaît une évolution sensiblement différente, qui prolonge les fragilités identifiées précédemment tout en modifiant leur intensité. Alors que la semaine dernière avait surtout révélé une résistance du 5 ans à la détente générale, cette maturité devient désormais le principal foyer de la remontée des rendements. L'OAT 2 ans progresse de 22.4 bp, le 5 ans de près de 30 bp, le 10 ans de 21.6 bp et le 30 ans de 13.2 bp. La pente entre 2 et 10 ans reste pourtant pratiquement inchangée, revenant de 123 à 122.2 bp. Cette stabilité apparente masque une déformation importante des segments intermédiaires. Entre 2 et 5 ans, l'écart augmente de 62.3 à 69.7 bp, tandis que celui entre 5 et 10 ans se contracte de 60.7 à 52.5 bp. Le ventre de la courbe concentre ainsi une part particulièrement importante de la dégradation. Contrairement à la semaine précédente, où le 5 ans interrompait simplement sa normalisation après une correction favorable, cette maturité enregistre désormais une remontée de rendement supérieure à celle des autres échéances. Le mouvement confirme que les difficultés de valorisation française ne sont pas limitées au très long terme, mais concernent également la partie de la courbe où les perspectives de financement et les anticipations de taux intermédiaires exercent une influence importante.
La dynamique quotidienne montre néanmoins que cette remontée n'a pas été parfaitement continue. L'OAT à 10 ans atteint 5.076 % le 22 octobre avant de revenir à 5.017 % en clôture hebdomadaire, merci la CDC. Cette détente de fin de semaine réduit l'ampleur du mouvement sans en modifier la signification générale. Contrairement à la période précédente, durant laquelle la baisse des rendements avait permis de contenir certaines primes françaises, le recul de vendredi intervient après une augmentation déjà importante des écarts relatifs. Le dépassement du seuil de 5 % sur le 10 ans ne constitue pas en lui-même un changement de régime financier, mais il confirme que le marché exige une rémunération sensiblement supérieure pour détenir cette maturité. La remontée du 5 ans à près de 4.49 % renforce cette lecture, car la pression ne se limite ni aux obligations les plus longues ni aux échéances immédiatement sensibles à la politique monétaire. Les perspectives de financement, la capacité d'absorption des émissions futures et les incertitudes entourant la trajectoire budgétaire française peuvent contribuer à expliquer cette exigence supplémentaire, sans que les seuls rendements permettent de mesurer leur contribution respective.
La comparaison avec notre courbe OIS synthétique confirme le caractère spécifique de la dégradation française. À 2 ans, l'écart entre l'OAT et la référence monétaire progresse de 55.1 à 78.2 bp, alors que l'OIS demeure pratiquement inchangé. Sur le 5 ans, le mouvement devient plus marqué encore puisque la prime française augmente de 105 à 136.6 bp, soit un élargissement de près de 32 bp en une seule semaine. Cette évolution inverse nettement la compression enregistrée précédemment sur cette maturité. Le contraste avec l'Allemagne est particulièrement révélateur puisque le spread OAT contre Bund à 5 ans progresse simultanément de 97 à près de 132 bp. Les deux références délivrent désormais un signal cohérent. La remontée du rendement français ne correspond pas simplement à une meilleure performance relative du Bund, mais à une augmentation importante de la rémunération exigée face au facteur monétaire commun. La résistance du 5 ans, déjà identifiée la semaine précédente, se transforme ainsi en véritable détérioration de sa valorisation relative.
Sur le 10 ans, la situation devient encore plus significative puisque la hausse du rendement français intervient alors que l'OIS synthétique recule de 6.5 bp. L'écart OAT vs. OIS progresse ainsi de 147.4 à 175.6 bp, soit un élargissement de plus de 28 bp. Cette augmentation dépasse celle du rendement nominal et montre que la détente monétaire commune aurait dû, toutes choses égales par ailleurs, exercer une influence favorable sur la valorisation de l'OAT. Le spread OAT contre Bund augmente également de 136 à 166.4 bp, confirmant la cohérence du signal entre les deux références. La structure des primes françaises conserve par ailleurs une inclinaison particulièrement marquée. Entre 2 et 10 ans, l'écart souverain à l'OIS augmente d'environ 97 bp, contre 92 bp la semaine précédente. Cette progression mérite une attention particulière puisque la pente nominale de l'OAT reste pratiquement inchangée pendant que celle de l'OIS s'aplatit. La stabilité apparente de la courbe française masque ainsi une augmentation de la rémunération souveraine relative sur les horizons longs. La forte inclinaison de l'OAT continue de se renforcer malgré la détente des taux monétaires à terme.
La situation demeure également exigeante sur le 30 ans. Le rendement français progresse de 13.2 bp, à 5.487 %, tandis que le Bund correspondant recule de plus de 11 bp. Leur écart s'élargit ainsi de près de 156 à 180 bp, interrompant la stabilité relative observée précédemment. La pente française entre 10 et 30 ans se contracte cependant de plus de 8 bp, principalement parce que le rendement à 10 ans augmente davantage que celui du 30 ans. Cette évolution montre que le marché ne se contente pas d'exiger une rémunération croissante avec la durée des engagements. Les tensions sont particulièrement importantes sur les maturités intermédiaires et longues, alors que le très long terme résiste relativement mieux à la correction. Cette distinction n'efface pas le niveau élevé des primes françaises à 30 ans, mais elle suggère que les contraintes de valorisation se concentrent davantage sur les segments les plus sensibles aux révisions des perspectives budgétaires et des besoins de financement à moyen terme.

L'Italie n'échappe pas à cette remontée des rendements, mais son évolution se distingue sensiblement de celle de la France. Après la détente particulièrement marquée de la semaine précédente, le BTP 2 ans progresse de 12.4 bp, le 5 ans de 12.8 bp et le 10 ans de 10.2 bp. Le 30 ans n'augmente en revanche que de 3.3 bp, permettant un aplatissement de la partie longue. La pente entre 2 et 10 ans revient de 106 à 103.8 bp, tandis que celle entre 10 et 30 ans diminue de 63 à 56 bp. La correction touche principalement les échéances courtes et intermédiaires, alors que le très long terme fait preuve d'une meilleure résistance. La comparaison avec l'OIS confirme que cette remontée dépasse le seul facteur monétaire. À 2 ans, la prime du BTP progresse de 38.6 à 51.7 bp, tandis qu'à 5 ans elle augmente de 77.4 à 92 bp. Sur le 10 ans, l'écart passe de 113.9 à 130.7 bp, soit un élargissement de près de 17 bp, alors que la référence monétaire recule. Le spread BTP contre Bund à 10 ans augmente également de 103 à près de 122 bp. L'Italie interrompt ainsi la compression de ses primes souveraines observée précédemment, mais l'ampleur plus limitée de sa correction, particulièrement sur les maturités longues, montre que le marché continue de distinguer sa valorisation de celle de la France.
La comparaison franco-italienne révèle l'une des évolutions les plus significatives de la semaine. L'écart de rendement entre l'OAT et le BTP à 2 ans augmente de 16.5 à 26.5 bp, mais la divergence devient encore plus prononcée sur les maturités intermédiaires. À 5 ans, la prime française passe de près de 28 à 45 bp, soit un élargissement de 17 bp en une seule semaine. À 10 ans, elle progresse de 33.5 à près de 45 bp, tandis qu'à 30 ans elle atteint 35.5 bp, contre environ 26 bp précédemment. Cette évolution prolonge la différenciation observée depuis plusieurs semaines, mais avec une intensité nouvelle. Les deux signatures connaissent une augmentation de leurs primes face à l'OIS et au Bund, sans que cette évolution efface l'avantage relatif de la dette italienne. La détérioration française apparaît particulièrement marquée sur le 5 ans, où la rémunération supplémentaire exigée progresse le plus rapidement. La hiérarchie traditionnelle fondée sur les niveaux d'endettement ne suffit plus à expliquer les valorisations relatives. Le marché semble accorder une importance croissante à la crédibilité des trajectoires budgétaires, aux besoins de financement anticipés et à la capacité des États à stabiliser leurs engagements. Cette lecture reste compatible avec les écarts observés, sans permettre d'identifier directement les préférences ou les flux des investisseurs.

L'Espagne présente une configuration encore différente et confirme que les tensions ne se transmettent pas uniformément aux signatures souveraines européennes. Les rendements espagnols demeurent pratiquement stables à 2 ans, progressent de 2 bp à 5 ans et de moins de 4 bp à 10 ans, tandis que le 30 ans recule de 2.5 bp. Cette résistance contraste avec la correction italienne et, plus encore, avec la remontée française. La pente entre 2 et 10 ans augmente de 81 à 84.5 bp, mais celle entre 10 et 30 ans diminue de 55 à 48.8 bp. Le mouvement combine ainsi une légère pentification des échéances courtes et intermédiaires avec un aplatissement de la partie longue. Le spread Bonos contre Bund à 10 ans s'élargit néanmoins de 57 à plus de 69 bp, principalement parce que le rendement allemand recule alors que celui de l'Espagne reste légèrement orienté à la hausse. Face à l'OIS synthétique, la lecture devient plus nuancée. La prime espagnole à 2 ans demeure pratiquement inchangée, autour de 19 bp, tandis que celle à 5 ans progresse de 38.6 à 42.4 bp. Sur le 10 ans, elle augmente de 68.3 à 78.6 bp, essentiellement sous l'effet de la détente de la référence monétaire. L'Espagne ne bénéficie plus d'une compression générale de ses primes comme la semaine précédente, mais l'ampleur de leur élargissement reste inférieure à celle observée en Italie et surtout en France. Cette résistance relative confirme que le marché continue de traiter les signatures souveraines selon leurs caractéristiques propres plutôt qu'en appliquant une réévaluation uniforme des dettes européennes.

Les IRS à 10 ans confirment la dégradation relative de la signature française. Le taux swap euro évolue autour de 3.44 %, soit 9 bp au-dessus du Bund allemand. Son écart avec l'OAT atteint −157 bp, contre −112 bp pour le BTP et −60 bp pour les Bonos espagnols. Le creusement du spread français confirme une rémunération souveraine particulièrement élevée, également visible face à l'OIS à 10 ans, dont la détente contraste avec la remontée du rendement de l'OAT. Ces écarts intègrent néanmoins des facteurs de liquidité, de financement et de collatéral, au-delà du seul risque de crédit.

Les swaps d'inflation apportent un éclairage supplémentaire sur la nature de cette dégradation. À 10 ans, les anticipations d'inflation implicites françaises et italiennes demeurent particulièrement proches, respectivement autour de 2.04 % et 2.05 %, alors que l'écart entre leurs rendements souverains atteint près de 45 bp. Le taux réel synthétique français s'élève ainsi à 2.98 %, contre 2.52 % pour l'Italie et seulement 0.75 % pour l'Allemagne. La rémunération supplémentaire exigée sur l'OAT à 10 ans ne correspond pas principalement à une différence d'inflation anticipée entre la France et l'Italie. Le rendement nominal français à 10 ans progresse de plus de 32 bp, tandis que son taux réel synthétique augmente de près de 45 bp, les anticipations d'inflation reculant simultanément de 12.5 bp. La hausse récente de la rémunération française reflète davantage une augmentation de sa composante réelle et des autres primes incorporées dans le rendement nominal qu'une nouvelle tension sur l'inflation anticipée. Le phénomène est encore plus marqué sur le 5 ans, où la progression du taux réel synthétique atteint près de 56 bp sur vingt séances, contre une hausse du rendement nominal de 41.5 bp. À 30 ans, la situation demeure plus nuancée puisque les taux réels synthétiques français et italiens se rapprochent, autour de 3.07 % et 3.01 %, malgré une différence de rendement nominal de 35.5 bp. Une partie importante de cet écart provient alors de leurs anticipations d'inflation implicites, plus élevées en France sur cette maturité.

Nos indicateurs de risque financier confirment que l'amélioration observée la semaine précédente ne s'est pas prolongée. L'indicateur européen remonte de 1.40 à 1.66, tandis que celui de la France progresse beaucoup plus fortement, de 3.35 à 4.28. L'Allemagne connaît au contraire une amélioration, son indicateur revenant de 1.11 à 0.64. L'Italie et l'Espagne enregistrent également une légère dégradation, mais leurs niveaux restent très inférieurs à celui de la France. Le régime général demeure classé RISK OFF, sans changement de classification, ce qui montre que la progression du risque français intervient dans un environnement déjà défavorable plutôt qu'à l'occasion d'un basculement général du régime de marché. La France se distingue surtout par la combinaison d'une remontée importante de ses rendements, d'un élargissement de ses primes face au Bund et à l'OIS et d'une progression particulièrement marquée de son indicateur de risque. Cette cohérence renforce le signal de dégradation souveraine, tout en rappelant qu'un indicateur composite ne permet pas, à lui seul, d'établir l'existence d'un dysfonctionnement du financement obligataire.
La question qu'une partie du marché se pose est désormais la suivante. Quand la BCE va-t-elle intervenir pour la France ? La réponse est simple. Quand l'OAT perturbera réellement les marchés REPO, au point de menacer la transmission de la politique monétaire. La distinction est essentielle entre une augmentation de la rémunération exigée sur la dette française et une perturbation du fonctionnement du système de financement qui utilise cette dette comme collatéral. Or, les dernières observations disponibles sur les taux REPO nationaux, ne montrent pas encore une transmission comparable à celle des rendements souverains. Le taux REPO français s'établit à 2.535 %, contre 2.505 % pour l'Allemagne, soit un écart limité à 3 bp, légèrement inférieur aux 3.4 bp observés le 15 octobre. Il reste également très proche des taux italiens et espagnols, respectivement à 2.540 % et 2.533 %. Cette stabilité relative contraste avec le spread OAT–Bund à 10 ans, qui avait atteint 171.4 bp le 22 octobre. Notre indicateur de stress REPO identifie ainsi une alerte souveraine française, mais ne confirme pas de tension généralisée du financement garanti à partir des fixings disponibles. Une intervention de la BCE ne résulterait cependant pas automatiquement d'un élargissement des spreads ou d'une perturbation ponctuelle des REPO. Elle supposerait une menace sérieuse pour la transmission monétaire, une appréciation du caractère injustifié et désordonné des tensions et l'examen des conditions d'utilisation des instruments de protection. Pour le moment, le marché semble encore différencier la rémunération du risque français sans remettre en cause de manière manifeste l'utilisation des obligations françaises dans les mécanismes ordinaires de financement. Jusqu'à quand ?
Les autres indicateurs monétaires présentent des évolutions contrastées. L'écart Euribor 3 mois contre OIS €STR progresse de 10 à 13 bp, tandis que la base EURUSD revient à −7.3 bp et que la base EURJPY s'améliore de −20.2 à −16.9 bp. Ces mouvements ne révèlent pas de tension généralisée du financement international susceptible d'expliquer la dégradation des OAT. Les données REPO ne confirment pas davantage une transmission des tensions souveraines françaises au financement garanti, qui demeure le principal point de surveillance.

Le changement essentiel de cette semaine réside finalement dans le passage d'une détente européenne différenciée à une véritable divergence des rendements souverains. L'Allemagne bénéficie d'une nouvelle baisse sur les maturités longues, l'Espagne conserve une stabilité relative et l'Italie subit une correction qui n'efface pas sa meilleure valorisation face à la France. Cette dernière concentre désormais les ajustements les plus importants, particulièrement sur le 5 ans, tandis que ses primes à 10 et 30 ans atteignent de nouveaux niveaux élevés dans les données étudiées. Contrairement à la semaine précédente, où la diminution générale des rendements permettait encore de distinguer une détente monétaire commune d'une normalisation incomplète des signatures souveraines, la remontée française intervient alors que la référence OIS à 2 ans reste pratiquement inchangée et que le 10 ans se détend sensiblement. Ce contraste constitue l'un des enseignements les plus importants de la semaine. La hausse des rendements français ne peut plus être attribuée principalement au facteur monétaire européen. Elle correspond à une augmentation effective des écarts souverains, visible sur toutes les maturités étudiées et particulièrement importante sur les segments intermédiaires et longs.
Une stabilisation durable de la signature française nécessiterait désormais davantage qu'un simple recul ponctuel de ses rendements. Elle supposerait une amélioration simultanée de ses écarts face au Bund, à l'OIS et au BTP, accompagnée d'une meilleure tenue du ventre de la courbe. À l'inverse, une nouvelle progression des primes françaises sans tension comparable sur les autres souverains confirmerait la persistance d'une réévaluation défavorable de sa dette. Le véritable changement de régime interviendrait si cette dégradation des valorisations obligataires commençait à affecter les conditions de financement en REPO et la circulation du collatéral français. À ce stade, la tension reste principalement souveraine. Le marché exige une rémunération supplémentaire de plus en plus importante sur les engagements de l'État français, mais ne fournit pas encore, dans les indicateurs de financement disponibles, la preuve d'une perturbation systémique susceptible de justifier une intervention de la BCE au titre de la protection de la transmission monétaire.

A ce jour, Les contrats à terme Euribor et €STR n'anticipent pas de hausse des taux lors de la réunion de cette semaine. Cela correspond à une hausse cumulée d’environ 25 bp d’ici fin décembre 2026.

Vous trouverez le détail des différents composants des obligations européennes ci-dessous et plus dans la section Taux d’intérêt.

Volatilité obligataire EUVolatilité obligataire européenne
Volatilité des Treasuries US

La volatilité (AB HV) longue européenne demeure quasiment stable, avec des ajustements de +4 à +6 bp sur les maturités de 5Y à 30Y. L'Allemagne reste inchangée et conserve les niveaux les plus faibles. La France et l'Italie progressent de 10 bp sur les 5Y et 10Y, la France également sur le 30Y. La hiérarchie reste stable, la France dépassant légèrement l'Italie sur le 2Y, mais lui restant inférieure sur les autres maturités.

  • GER - Le recul de la volatilité (HV) courte se poursuit, principalement sur le 2Y à −30 bp, contre −10 bp sur les 5Y et 10Y. Le 30Y reste stable. Les spreads courte vs. longue demeurent positifs, mais se resserrent, sans évolution de la volatilité longue.
  • FRA - Après les évolutions contrastées précédentes, la volatilité courte progresse de 30 à 70 bp entre 2Y et 10Y, principalement sur le 10Y. Elle dépasse désormais celle de l'Italie, sauf sur le 10Y où les niveaux sont identiques. Les spreads courte vs. longue s'élargissent sur ces maturités.
  • ITA - La progression se concentre sur le 10Y à +60 bp, tandis que les autres échéances restent quasiment stables. Les spreads courte vs. longue demeurent positifs et s'élargissent principalement sur le 10Y à +50 bp, malgré un léger ajustement de la volatilité longue.
Drapeau Union EuropéenneParités EUR et USD

Drapeau USA Le dollar américain retrouve une légère fermeté après son repli précédent, sans parvenir à imposer une appréciation généralisée face aux principales monnaies internationales. Cette stabilisation masque une évolution plus importante des arbitrages financiers. La correction des valeurs technologiques américaines et les interrogations sur la rentabilité des investissements dans l'intelligence artificielle favorisent la recherche de liquidité et les achats de Treasuries, sans procurer au billet vert le soutien habituellement associé à ces mouvements défensifs. La détente des rendements obligataires réduit temporairement son avantage relatif de rémunération, tandis que le renchérissement énergétique entretient les anticipations d'une politique monétaire US restrictive.
Cette contradiction entre risques inflationnistes et inquiétudes sur la croissance empêche l'émergence d'une direction monétaire homogène. Le dollar demeure recherché face aux économies présentant des fragilités de financement extérieur, mais perd de son attractivité face aux devises bénéficiant de perspectives monétaires ou commerciales plus favorables.

  • En Europe, la couronne norvégienne prolonge son appréciation face au dollar, soutenue par le renchérissement des hydrocarbures et une politique monétaire restrictive. La livre sterling conserve également un avantage, les perspectives de resserrement de la Banque d'Angleterre soutenant son rendement relatif. En revanche, le forint hongrois inverse nettement son appréciation précédente malgré l'annonce d'un ambitieux programme de consolidation budgétaire. L'accueil initial favorable des investisseurs ne dissipe pas les incertitudes concernant la mise en œuvre des mesures. Le zloty polonais connaît également un retournement marqué, dans un environnement où l'assouplissement monétaire antérieur de la Banque nationale de Pologne réduit son avantage de rémunération, alors que les inquiétudes sur la croissance européenne pèsent sur ses perspectives. Le leu roumain se déprécie également, la formation d'un gouvernement minoritaire ne suffisant pas à lever les incertitudes sur la réduction du déficit budgétaire. Le rouble russe accentue fortement son appréciation, mais les restrictions financières et les particularités de son marché des changes limitent la portée de cette évolution.
  • En Amérique, le dollar canadien conserve son avantage précédent face au billet vert. Le renchérissement du pétrole améliore les perspectives de revenus d'exportation et les termes de l'échange canadiens. Le peso mexicain poursuit en revanche sa dépréciation, pénalisé par les anticipations d'assouplissement de Banxico et les tensions commerciales avec Washington, qui réduisent l'attractivité de son portage. Le réal brésilien efface une partie de sa dépréciation précédente, mais l'incertitude entourant le scrutin présidentiel et la trajectoire budgétaire maintient une prime de risque politique importante. Le peso chilien accentue au contraire son affaiblissement dans un environnement financier défavorable aux actifs locaux, sans que cette évolution puisse être attribuée exclusivement aux perspectives du cuivre. Le peso argentin subit également des pressions, les besoins de financement extérieur et la persistance d'une prime de risque souveraine élevée continuant de fragiliser la confiance dans la stabilisation monétaire.
  • En Asie, le baht thaïlandais inverse son appréciation précédente, dans un environnement où le renchérissement énergétique menace les équilibres extérieurs et où les perspectives de politique monétaire restent moins restrictives. Le peso philippin poursuit sa dépréciation malgré un relèvement des taux plus important qu'anticipé, illustrant les difficultés de la banque centrale à contenir les risques d'inflation importée sans fragiliser davantage la croissance. La roupie indonésienne demeure sous pression après une décision monétaire combinant maintien du taux directeur, réduction des réserves obligatoires et relèvement du taux de la facilité de dépôt. Ces mesures cherchent à soutenir simultanément la liquidité domestique et la stabilité monétaire, sans dissiper les inquiétudes sur les sorties potentielles de capitaux. Le dollar taïwanais poursuit également son recul, quoique moins rapidement, dans le prolongement des ajustements sur les actifs technologiques et des incertitudes entourant les investissements internationaux dans les semi-conducteurs. Enfin, la livre turque conserve une tendance à la dépréciation, la nouvelle baisse des taux directeurs réduisant progressivement sa rémunération nominale. Le won sud-coréen renforce son appréciation face au dollar, soutenu par le maintien d'une politique monétaire restrictive de la Banque de Corée et par la vigueur des exportations de semi-conducteurs liées à l'intelligence artificielle.
    Face au yen, le dollar accentue son recul précédent, accompagné d'une "remontée" de la volatilité (HV). Le mouvement résulte de la convergence de facteurs japonais et américains. Le retour de l'inflation sous-jacente japonaise renforce la crédibilité d'une poursuite de la normalisation monétaire, tandis que la détente des rendements US relativement aux obligations japonaises réduit l'attractivité des placements en dollars non couverts. La lecture des futures monétaires japonais ne confirme pas une accélération généralisée des anticipations de resserrement de la Banque du Japon. L'appréciation du yen semble également soutenue par la moindre attractivité du portage en dollars et la recherche de protection. Les conditions de financement USDJPY ont connu des tensions ponctuelles, sans dégradation durable ni généralisée, ce qui ne permet pas de conclure à un débouclage massif des stratégies de portage. Le renforcement du yen dépasse néanmoins une simple correction technique et reste sensible à l'évolution des rendements américains et de la politique monétaire japonaise.
  • En Océanie, le dollar australien inverse nettement sa correction précédente. Les avertissements de la Banque de réserve d'Australie sur la persistance de l'inflation renforcent les anticipations de nouveaux resserrements monétaires, soutenant la devise malgré les incertitudes économiques chinoises. Le dollar néo-zélandais se redresse également, bénéficiant de perspectives monétaires moins accommodantes, sans disposer du même soutien directement identifiable que celui apporté au dollar australien par les récentes indications de sa banque centrale.
  • En Afrique, la livre égyptienne accentue fortement sa dépréciation, accompagnée d'une remontée sensible de la volatilité. Le renchérissement des importations énergétiques et les besoins persistants de financement extérieur renforcent la demande de dollars. Le rand sud-africain inverse parallèlement son appréciation précédente. Malgré l'annonce d'une réduction obligataires, la hausse des prix pétroliers pénalise les perspectives inflationnistes et le pouvoir d'achat extérieur sud-africain, limitant les bénéfices de l'amélioration annoncée de la gestion de la dette publique.

La volatilité historique (HV) du dollar poursuit sa détente de fond, avec une composante long terme toujours orientée à la baisse. À court terme, le redressement observé précédemment laisse place à une stabilisation sans accélération significative. Cette configuration prolonge la normalisation des fluctuations du dollar, malgré la persistance de mouvements ponctuels sur certaines devises, et ne signale pas à ce stade de changement durable du régime de volatilité.
La volatilité (HV) de la paire USDMXN est à surveiller à court terme.


Drapeau EU L'euro retrouve une dynamique de sous-performance relativement étendue, remettant en cause le redressement technique amorcé la semaine précédente. Le principal facteur de fragilité réside dans l'aggravation des tensions sur les dettes souveraines européennes, particulièrement françaises, dont l'élargissement des primes de risque commence à affecter la perception d'autres signatures souveraines. La hausse des rendements souverains ne constitue plus nécessairement un avantage de rémunération pour la monnaie unique lorsqu'elle reflète principalement une détérioration de la qualité de crédit.

  • En Europe, la couronne norvégienne accentue son appréciation, soutenue par le renchérissement des hydrocarbures et par une politique monétaire restrictive. La livre sterling renforce également son avantage, les pressions inflationnistes britanniques entretenant les anticipations d'un nouveau resserrement de la Banque d'Angleterre, tandis que les difficultés économiques européennes réduisent la visibilité sur la politique monétaire de la BCE. Le franc suisse conserve une appréciation plus modérée, mais la remontée de sa volatilité accompagne une demande de protection cohérente avec les tensions souveraines européennes. le forint hongrois inverse sa progression précédente malgré la présentation d'un programme de consolidation budgétaire. Si ce projet améliore les perspectives de rapprochement avec les institutions européennes, les incertitudes sur son exécution et la persistance d'un déficit élevé limitent sa traduction immédiate dans le change. Le zloty polonais connaît également un retournement marqué, dans un contexte où les perspectives de rémunération monétaire et l'exposition de l'économie polonaise au ralentissement européen rendent la devise moins attractive. Le leu roumain se déprécie parallèlement, la fragilité du soutien parlementaire au gouvernement, les besoins de financement extérieur et les incertitudes sur la consolidation budgétaire entretenant les pressions sur la monnaie. À l'inverse, le rouble russe accélère fortement son appréciation face à l'euro.
  • En Amérique, le dollar canadien accentue son appréciation face à l'euro, bénéficiant du renchérissement pétrolier. L'euro conserve en revanche un avantage face au peso mexicain, mais sa progression ralentit. Les perspectives d'assouplissement de Banxico et les incertitudes commerciales avec Washington continuent de réduire l'attractivité du portage mexicain. le réal brésilien inverse nettement sa dépréciation précédente, l'approche du scrutin présidentiel entretient une réévaluation des perspectives budgétaires, les investisseurs accordant une attention particulière à la crédibilité des engagements de consolidation fiscale. Le peso argentin poursuit son affaiblissement, les besoins de financement extérieur et la fragilité de la crédibilité monétaire continuant de limiter son attractivité.
  • En Asie, l'euro interrompt sa stabilisation face au yen et subit une dépréciation marquée, accompagnée d'une remontée de la volatilité (HV). La normalisation monétaire japonaise et le regain d'attractivité des obligations domestiques soutiennent le yen, tandis que l'aggravation des risques souverains européens pénalise l'euro. La baisse de l'euro semble ainsi refléter les divergences monétaires, la recherche de protection et l'élargissement du spread OAT-Bund, révélateur d'une défiance accrue envers la dette française. Cette détérioration pourrait favoriser des réallocations hors des obligations européennes les plus fragilisées, notamment vers les actifs japonais, sans qu'un rapatriement massif soit établi. Les conditions de financement EURJPY ne confirment toutefois ni crise de liquidité généralisée ni débouclage massif des stratégies de portage. Le won sud-coréen renforce son appréciation face à l'euro, soutenu par le maintien d'une politique monétaire restrictive et par la vigueur des exportations de semi-conducteurs liées à l'IA. La roupie indienne conserve son avantage face à l'euro, mais son appréciation ralentit nettement, les mesures de stabilisation de la banque centrale et les restrictions destinées à limiter la demande de devises étrangères continuent de soutenir la monnaie, alors que le renchérissement énergétique maintient une contrainte sur les équilibres extérieurs indiens. La roupie indonésienne reprend du terrain face à l'euro, la Banque d'Indonésie a maintenu son taux directeur tout en ajustant les réserves obligatoires et la rémunération de sa facilité de dépôt afin de concilier soutien à la liquidité domestique et stabilisation monétaire. Le peso philippin poursuit sa dépréciation malgré un resserrement monétaire.
  • En Océanie, le dollar australien inverse fortement sa correction précédente, les avertissements de la Banque de réserve d'Australie sur la persistance de l'inflation renforcent les anticipations de nouveaux resserrements monétaires. Ce soutien prévaut temporairement sur les inquiétudes concernant la demande chinoise et les matières premières industrielles. Le dollar néo-zélandais accentue également son appréciation, les anticipations d'une politique monétaire plus restrictive de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande contribuant à soutenir son rendement relatif. Ces évolutions opposent des économies dont les marchés anticipent encore un durcissement monétaire à une zone euro où les tensions souveraines restreignent davantage les perspectives de croissance et de financement.
  • Au Moyen-Orient, le shekel israélien inverse sa dépréciation précédente, ce redressement ne permet pas de conclure à une dissipation de la prime de risque géopolitique.
  • En Afrique, la livre égyptienne accentue fortement sa dépréciation, accompagnée d'une remontée sensible de la volatilité (HV). Le renchérissement des importations énergétiques, les besoins persistants de financement extérieur et les tensions géopolitiques régionales renforcent les pressions sur les réserves de change et la demande de devises étrangères.

La volatilité historique (HV) de l'euro poursuit sa détente de fond, bien que la composante long terme ralentisse sa baisse. À court terme, les fluctuations se redressent confirmant une réactivation des tensions récentes. Cette configuration traduit une normalisation moins régulière, mais ne remet pas encore en cause la tendance générale à la détente.
La volatilité (HV) de la paire EURCHF est à surveiller.

Drapeau Union EuropéennePaire EURUSD

Après son rebond technique précédent, l'EURUSD se replie dans un contexte de défiance souveraine européenne, illustrée par l'élargissement du spread OAT-Bund. La baisse du spot entraîne les forwards courts, dont les points restent peu modifiés avec un différentiel des futures monétaires EU vs. US stable. Sur les échéances éloignées, comme la semaine précédente la contraction de l'avantage de rémunération du dollar réduit davantage les points forward et accentue leur recul. Cette convergence monétaire ne soutient pas le spot.
Parallèlement, les indicateurs de financement EURUSD se dégradent sensiblement, suggérant des tensions accrues sur les opérations de financement et de couverture transdevises, distinctes des ajustements de taux monétaires. Cette détérioration ne permet toutefois pas de conclure à une pénurie de dollars ni à une crise de liquidité. La persistance des risques souverains européens continue ainsi de limiter les perspectives d'un redressement durable de l'euro.

Après sa quasi-stabilité précédente, la volatilité implicite (IV) de l'EURUSD reprend légèrement sa progression, malgré un repli en fin de semaine après un nouveau pic ponctuel. Elle se situe désormais dans la partie haute de sa distribution annuelle, traduisant une demande de protection toujours soutenue. Parallèlement, la volatilité historique (HV) courte poursuit son redressement, mais reste inférieure à sa tendance longue, qui demeure orientée à la baisse. Cette configuration prolonge les tensions identifiées la semaine précédente, sans confirmer à ce stade un changement durable du régime de volatilité de la paire.

WorldIndices Actions

Rappel de notre analyse du 14 septembre 2026

« Les opérateurs se retrouvent ainsi face à une configuration particulièrement contraignante. À court terme, le choc énergétique et le maintien d’une inflation encore trop élevée peuvent justifier un geste restrictif de la Fed, mais simultanément, la hausse des taux réels impose déjà à l’économie américaine un niveau de contrainte financière comparable à un durcissement monétaire supplémentaire. »

Analyse du 26 octobre

La configuration des marchés américains rappelle celle que nous analysions en juin, lorsque la concurrence entre les rendements souverains et les investissements dans l'IA pesait sur les indices actions. Nous retrouvons aujourd'hui cette même dualité, mais avec une interrogation qui dépasse désormais les seules valorisations boursières. Les investissements massifs dans l'IA ont constitué un soutien important à la croissance américaine, tout en exerçant des pressions inflationnistes sur les capacités énergétiques, les infrastructures et certains équipements industriels. Or, le regain d'attractivité de la dette souveraine impose désormais aux investissements dans l'IA une concurrence plus exigeante pour attirer les capitaux. Cette évolution pourrait remettre en question la capacité des opérateurs les plus dépendants du financement extérieur à maintenir leur rythme d'investissement, alors que celui-ci contribuait précisément à soutenir l'activité économique.

Comme nous le soulignions après la hausse des taux de la Fed, les grandes plateformes technologiques disposent des ressources nécessaires pour poursuivre leurs engagements stratégiques. Mais leur solidité financière ne suffit pas à garantir le financement de tous les projets qui gravitent autour d'elles. Dans ces conditions, les créanciers deviennent plus exigeants envers les opérateurs dépendants de l'endettement et dont la rentabilité reste éloignée. Ce déplacement des capitaux pourrait produire un effet paradoxal. En freinant les investissements les plus fragiles, il contribuerait à modérer les pressions inflationnistes qu'entretenait leur développement, mais affaiblirait simultanément l'un des moteurs de la croissance américaine. Si cette sélection devait s'accentuer, ses conséquences pourraient progressivement dépasser le Nasdaq et toucher les fournisseurs de semi-conducteurs, les équipements industriels, la construction et l'emploi.
Cette évolution rejoint précisément la contrainte monétaire évoquée en introduction. Alors que le choc énergétique et la persistance de l'inflation pourraient inciter la Fed à envisager un nouveau durcissement, la niveau des taux réels exerce déjà une pression restrictive sur l'économie américaine. L'arbitrage croissant en faveur de la dette souveraine pourrait en amplifier les effets, en rendant le financement des investissements dans l'IA plus sélectif et en ralentissant les projets les moins rentables. La Fed pourrait-elle finalement voir dans ce mouvement un ajustement bienvenu, capable de modérer les tensions inflationnistes liées à ces investissements sans qu'elle ait à relever davantage ses taux directeurs ? Il ne s'agirait pas nécessairement d'un ralentissement volontairement orchestré par la banque centrale, mais d'une conséquence des conditions financières qu'elle maintient et du niveau des taux réels. Tout l'enjeu résiderait alors dans l'ampleur de cet ajustement, suffisamment marqué pour atténuer les pressions inflationnistes, mais sans compromettre un cycle d'investissement devenu l'un des principaux soutiens de la croissance américaine.

C'est tout le paradoxe de la recherche actuelle de sécurité sur les Treasuries. En privilégiant les obligations souveraines, les investisseurs peuvent contribuer à modérer les excès du cycle technologique, mais également remettre en question la croissance dont ils cherchent à se protéger. La baisse entamée des rendements obligataires ne suffirait alors pas nécessairement à soutenir les indices actions si les perspectives bénéficiaires se dégradaient. Le questionnement actuel du marché est de savoir si nous assistons, comme en juin, à un arbitrage temporaire entre deux catégories d'actifs, ou aux prémices d'un ralentissement plus profond de l'investissement, dont les effets désinflationnistes pourraient être appréciés par la Fed, mais dont les conséquences sur la croissance et les marchés actions seraient autrement plus délicates à maîtriser.
Notre analyse nous conduit à écarter ce second scénario. Nous considérons que le mouvement actuel reproduit fondamentalement le schéma observé en juin, avec une réallocation temporaire des capitaux vers la dette souveraine, qui impose une correction des valorisations et une sélection plus rigoureuse des financements, sans remettre en cause la dynamique stratégique des investissements dans l'IA. Les projets les plus fragiles en supporteront les conséquences, mais la capacité financière des grandes plateformes et les enjeux industriels qui les poussent à investir demeurent suffisamment importants pour préserver, selon nous, l'essentiel de ce cycle. Nous anticipons une phase de réajustement des marchés actions, et non une rupture du moteur d'investissement qui soutient la croissance américaine.

Reste néanmoins une inconnue majeure. Un regain des hostilités entre les États-Unis et l'Iran pourrait raviver les tensions inflationnistes, non seulement sur l'énergie, mais également sur de nombreux produits raffinés. Une variable géopolitique dont l'évolution échappe à toute anticipation fiable et qui, compte tenu de l'imprévisibilité de D. Trump, ne risque certainement pas de simplifier l'équation monétaire de la Fed.

Macron, un danger pour la République

Commençons par le budget 2027, nouvelle illustration d'une politique économique où les sacrifices sont toujours exigés des mêmes. Les Français sont sommés d'accepter l'austérité et les restrictions sociales, tandis que Macron interdit toute modification du « RSA entreprise », ces aides publiques évaluées à au moins 211 milliards d'euros. Après près de dix ans de macronisme, la pauvreté atteint des niveaux historiquement élevés, la paupérisation gagne les quartiers populaires comme les territoires ruraux et l'ascenseur social reste désespérément hors service. Même des titulaires de bac+5 se retrouvent au chômage, dans des emplois précaires ou contraints de travailler comme chauffeurs VTC. Comment s'étonner que certains, privés de perspectives malgré leurs diplômes, puissent être attirés par les revenus du narcotrafic ou d'autres activités illégales ? Cela ne justifie évidemment pas la criminalité, mais révèle l'échec d'une politique qui prétend combattre ses conséquences sans vouloir en examiner les causes sociales. On peut bien mépriser les banlieues et leurs habitants, mais une société qui abandonne sa jeunesse ne peut ensuite s'étonner de voir prospérer les économies criminelles, les saccages et les fractures qu'elle a elle-même contribué à creuser.
Et pendant que les Français sont invités à se serrer la ceinture, une partie des grandes fortunes qui bénéficient de ce système contrôle également des groupes médiatiques. Le discours sur les sacrifices nécessaires occupe les chaînes d'information, tandis que les revendications sociales passent derrière les violences et les questions sécuritaires. Les citoyens qui contestent ces choix économiques deviennent progressivement, dans le récit gouvernemental, les responsables du désordre. Après avoir contribué à nourrir la colère sociale, le pouvoir voudrait maintenant faire passer ceux qui l'expriment pour une menace contre la République.

Celui qui prétendait faire barrage à l'extrême droite a contribué à la placer au cœur du jeu politique français. Depuis la dissolution de 2024, nous dénonçons Macron comme l'antichambre de l'extrême droite. Les révélations concernant Thierry Solère, ancien conseiller officieux de Macron et « racaille en col blanc », montrent qu'il a servi d'intermédiaire avec Marine Le Pen et organisé des rencontres avec des responsables du camp présidentiel. Il cumule treize chefs de mise en examen, notamment pour fraude fiscale, détournement de fonds publics, trafic d'influence, financement illicite de dépenses électorales, etc. Malgré cet historique judiciaire, Solère a continué de fréquenter les plus hautes sphères du pouvoir, jusqu'à accompagner Sébastien Lecornu à Matignon.
Voilà la République exemplaire de Macron ! Un président qui dénonce l'extrême droite devant les électeurs, mais dont l'entourage négocie avec ses dirigeants par l'intermédiaire d'un personnage mis en cause dans une multitude d'affaires financières. Et c'est ce pouvoir qui prétend aujourd'hui distribuer les certificats de respectabilité républicaine !

Nous arrivons ainsi aux événements du 17 octobre 2026, lorsque le gouvernement, incapable de maîtriser les violences et les pillages qui ont accompagné les manifestations, s'est empressé d'en attribuer la responsabilité à l'extrême gauche. Mais les révélations de Mediapart ont fait apparaître une affaire autrement plus grave. Un commissaire du renseignement territorial affirme avoir reçu des consignes pour faire porter à La France insoumise la responsabilité du mouvement, une interprétation contestée par plusieurs policiers. Le ministère de l'Intérieur dément. Un gouvernement qui utilise les services de renseignement pour fabriquer un coupable politique ne protège pas la République, il détourne les institutions chargées de la servir. Et lorsque le pouvoir commence à vouloir faire écrire aux fonctionnaires ce qu'il souhaite entendre plutôt que ce qu'ils constatent, ce n'est plus seulement la vérité qui est menacée, c'est le fonctionnement même de l'État de droit.
Pendant ce temps, les manifestants pacifiques du 17 octobre dénonçaient les gaz lacrymogènes et les obstacles opposés à l'exercice de leur droit constitutionnel de manifester. Deux jours plus tard, à Lyon, des militants d'ultradroite défilaient avec leurs symboles et leurs slogans identitaires malgré les restrictions de rassemblement et le couvre-feu. Des citoyens venus contester la politique du gouvernement se retrouvent confrontés aux gaz lacrymogènes, tandis que des militants d'ultradroite parviennent à défiler malgré les interdictions. Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui nous expliquent quotidiennement où se trouveraient les ennemis de la République ! Quant à ceux qui, au sommet de l'État, présentent systématiquement l'antifascisme comme une menace pour l'ordre public, ils devraient peut-être commencer par s'interroger sur la place qu'ils laissent à ceux qui revendiquent ouvertement les symboles du fascisme.

Manifestants vêtus de noir, masqués et portant des drapeaux noirs Il faut rappeler l'épisode de Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, qui expliquait en 2025 : « J'ai apprécié la situation en conscience et ai donc considéré qu'il n'y avait pas lieu d'interdire ce rassemblement », tandis qu'une manifestation antifasciste et antiraciste restait interdite. Voilà la conception de Macron pour la défense de la République !

Et puis est survenue la tuerie de Trappes et de La Verrière. Un homme assassiné, cinq blessés, dont une enfant de douze ans, par un individu armé d'un pistolet-mitrailleur. Le suspect aurait affirmé vouloir venger les commerçants pillés le 17 octobre en s'en prenant aux Noirs et aux Arabes. Voilà une information particulièrement glaçante, quelques jours après la campagne accusant l'extrême gauche d'être responsable des violences. Cela ne démontre pas que le discours gouvernemental ait provoqué cet acte, dont la responsabilité appartient à son auteur. Mais comment ne pas s'interroger sur les conséquences possibles d'une surenchère politique permanente, lorsque la colère sociale est systématiquement ramenée à des affrontements identitaires par l'extrême droite ?
Emmanuel Macron s'est précipité sur place en surjouant sa compassion, dénonçant le racisme et appelant à l'unité nationale. Quel contraste avec les propos racistes tenus par Catherine Vautrin, sa ministre de la Défense, sur les quartiers populaires.

Cette déstabilisation des institutions par Macron a désormais un coût économique. Depuis la dissolution de juin 2024, la France supporte une prime de risque souveraine accrue, conséquence d'une instabilité politique et budgétaire dont les investisseurs mesurent les dangers. Ce n'est plus seulement l'image de Macron qui se dégrade, c'est la crédibilité financière du pays qui se trouve engagée. Une aggravation de cette défiance pourrait contaminer les autres marchés souverains européens. Le prétendu Mozart de la finance aura réussi cet exploit de transformer ses propres échecs politiques en un risque financier pour la France et, potentiellement, pour la zone euro.
Alors, plutôt que de nous demander une fois encore si la gauche et les manifestants mettent la République en danger, regardons simplement le bilan de celui qui prétend la défendre. Qui a rompu le dialogue social ? Qui a multiplié les passages en force ? Qui a laissé les libertés publiques devenir un terrain permanent de confrontation ? Qui a pris le risque de déstabiliser la Nouvelle-Calédonie ? Qui a précipité le pays dans une crise parlementaire durable ? Qui a contribué à installer l'extrême droite au centre des équilibres politiques tout en prétendant lui faire barrage ?

À toutes ces questions, un même nom revient, Emmanuel Macron, celui qui a mis en danger la République.
La République n'appartient pas à celui qui occupe l'Élysée. Elle appartient aux citoyens, dont les libertés ne sont pas des concessions présidentielles. L'article 5 de la Constitution ne fait pas de Macron le propriétaire des institutions, mais leur garant. Et c'est précisément cette obligation qui rend son bilan si accablant, car il est le seul responsable de sa mise en danger.
Emmanuel Macron voulait entrer dans l'histoire comme le président du renouveau français. À force de se croire plus intelligent que tout le monde, il va surtout laisser le souvenir d'un homme qui aura fracturé son pays, discrédité ses institutions, affaibli ses libertés et ouvert la voie à l'extrême droite. Il voulait sa place dans l'histoire de France, il l'aura. Et s'il existait un Panthéon de l'indignité, c'est aux côtés de Pétain qu'il aurait toute sa place.

Les exploits antirépublicains de Macron.

  • En 2019, la loi anticasseurs portée par le gouvernement Macron prévoyait des interdictions administratives de manifester. Le Conseil constitutionnel censurait cette disposition pour atteinte disproportionnée à une liberté fondamentale.
  • En mars 2020, Macron obtenait du Parlement des pouvoirs exceptionnels permettant à son gouvernement de légiférer par ordonnances, tandis que les libertés publiques subissaient de sévères restrictions. En mai, Nicole Belloubet publiait un décret contredisant l'objectif d'une loi votée par le Parlement sur la protection des victimes de violences conjugales, contraignant le gouvernement à le modifier face aux protestations.
  • En décembre 2021, Macron, se croyant plus malin que tout le monde, maintenait le troisième référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie malgré la crise sanitaire et la demande de report des indépendantistes, qui boycottèrent le scrutin. Avec seulement 44 % de participation, il en valida néanmoins les résultats, ce qui provoqua en 2024 des émeutes meurtrières. Bilan de ce passage en force, quatorze morts, des centaines de blessés, des centaines d'entreprises détruites, une économie dévastée et, à terme, le risque de perdre ce territoire français.
  • En 2023, Macron écartait toute négociation avec les syndicats sur sa réforme des retraites, déclenchant des manifestations massives accompagnées de violences et de bavures policières d'une ampleur jamais vue précédemment, avant d'imposer son texte par le 49.3, sans vote final de l'Assemblée nationale.
  • En octobre 2023, son gouvernement demandait l'interdiction des manifestations pro-palestiniennes, obligeant le Conseil d'État à rappeler qu'aucune interdiction générale ne pouvait être prononcée sur ce seul fondement. En avril 2025, sa ministre Aurore Bergé dénonçait publiquement une prétendue attaque antisémite, une information qui s'est révélée fausse et a été démentie.
  • En février 2024, Macron décidait de faire annuler plus de dix milliards d'euros de crédits budgétaires par décret, sans soumettre de loi de finances rectificative au Parlement, une méthode dénoncée par le Sénat.
  • En juin 2024, Macron dissolvait l'Assemblée nationale, plongeant le pays dans une instabilité parlementaire et gouvernementale durable, tout en renforçant le poids politique du Rassemblement national.
  • En juillet 2026, une loi était votée, permettant au gouvernement d'instaurer un statut d'exception l'autorisant à passer outre toutes les lois votées.

Drapeau USATaux 10 ans US à 4.997

Rendement et future du 10 ans T-Note US

Pression Acheteur Pression Vendeur

Tendance de fond : Haussière

La pression acheteuse prédominante stagne, la pression vendeuse progresse à un rythme régulier.

Pour cette semaine, le rendement du 10 ans US devrait tester la zone support 4.995 / 4.973 pour trouver un plancher sur la zone 4.911 / 4.895.

Ses mouvements haussiers devraient se limiter à la zone de résistance 5.094 / 5.140.

Volatilité HV * 21 J. 252 J. VLT
Range moyen * Jour 0.081 Hebdo. 0.199
Range hebdo. max. * 4.798 5.196

* Anticipé

Drapeau AllemagneTaux 10 ans allemand à 3.353

Rendement et future du 10 ans Bund allemand

Pression Acheteur Pression Vendeur

Tendance de fond : Haussière

La pression d’achat diminue à un rythme régulier, la pression de vente prédominante stagne.

Pour cette semaine, le rendement du 10 ans allemand devrait casser la zone support 3.339 / 3.328 pour trouver un plancher sur le niveau 3.287 / 3.277.

Ses mouvements haussiers devraient se limiter à la zone de résistance 3.443 / 3.457.

Volatilité HV * 21 J. 252 J. VLT
Range moyen * Jour 0.060 Hebdo. 0.134
Range hebdo. max. * 3.219 3.487

* Anticipé

Drapeau FranceTaux 10 ans français à 5.017

Volatilité HV * 21 J. 252 J. VLT
Range moyen * Jour 0.110 Hebdo. 0.229
Range hebdo. max. * 4.788 5.246

* Anticipé

Drapeau ItalieTaux 10 ans italien à 4.568

EuropeEURUSD à 1.1202

Euro vs Dollar

Pression Acheteur Pression Vendeur

Tendance de fond : Consolidation

La pression d’achat progresse en ralentissant sa vitesse. la pression de vente prédominante progresse à un rythme régulier.

Pour cette semaine, la monnaie unique devrait tester sa zone support 1.1186 / 1.1163 pour trouver un plancher sur le niveau de 1.1128 / 1.1113.

Ses mouvements haussiers devraient se limiter à la zone support de 1.1254 / 1.1266.

Volatilité HV * 21 J. 252 J. VLT
Range moyen * Jour 0.0057 Hebdo. 0.0115
Range hebdo. max. 1.1087 1.1317

* Anticipé

USSP500 à 7623

SP500

Pression Acheteur Pression Vendeur

Tendance de fond : Haussière

La pression acheteuse prédominante diminue à un rythme régulier, la pression vendeuse glisse, avec une intensité qui s’affaiblit.

Pour cette semaine, l’indice devrait tester la zone support 7596 / 7591 pour un trouver un plancher sur la zone support 7516 / 7507.

Ses mouvements haussiers devraient se limiter à la zone de résistance 7725 / 7739.

Volatilité HV * 21 J. 252 J. VLT
Range moyen Jour 65 Pts Hebdo. 148 Pts
Range hebdo. max. 7475 7771

* Anticipé

VIX INDEX à 19.45
VIX VIX & SP500 / UST
VIX Cash & Futures Courbe à terme VIX
Smiles options mensuelles Smiles options mensuelles
VOLATILITE IMPLICITE OPTIONS SP500

Variation de la volatilité centrée sur 1 semaine

SPX 20/11/2026 18/12/2026
IV 15.423 ( + 0.876 pts) 15.485 ( + 0.693 pts)
CALL 15.386 ( + 0.906 pts) 15.468 ( + 0.732 pts)
PUT 15.460 ( + 0.846 pts) 15.502 ( + 0.654 pts)
SP P/C + 0.074 ( - 0.060 pts) + 0.034 ( - 0.078 pts)

Comparée à l’indice VIX, la volatilité implicite centrée des options SPX et SPY a augmenté alors que celle de l'indice baissait.
Les spreads calendaires à parité (SPX, SPY) se sont contractés tout en demeurant en territoire positif, sans suivre l’excès de la première échéance du future sur l’indice VIX.
Le ratio de volatilité centrée Put/Call SPY a progressé pour les deux maturités, tout en restant en territoire négatif.

Maturité novembre Sur novembre, le renchérissement de la volatilité se poursuit sur l'ensemble des options, mais reste particulièrement prononcé sur les puts OTM. Les protections contre une baisse importante progressent davantage que les options ATM, tandis que les calls OTM enregistrent une augmentation nettement plus limitée. Cette évolution accentue la pente du smile du côté baissier. Les puts éloignés deviennent plus chers relativement à l'ATM, alors que les calls perdent de leur valeur relative en volatilité, malgré leur légère progression. Le mouvement traduit une augmentation du prix de la protection baissière plutôt qu'une revalorisation équilibrée des scénarios de hausse et de baisse. L'aile droite conserve néanmoins une remontée sur les strikes les plus éloignés, mais celle-ci ne s'accentue pratiquement plus. Les scénarios de forte hausse restent valorisés, sans bénéficier du même renchérissement que les scénarios baissiers.
La particularité de novembre réside dans la concentration du supplément de volatilité sur les mouvements baissiers importants. La forme du smile reste compatible avec une distribution implicite accordant une place importante aux fluctuations éloignées de l'ATM, principalement à la baisse.

Maturité décembre Décembre accompagne cette évolution, mais avec une intensité plus modérée. La volatilité progresse sur l'ensemble des strikes, avec une augmentation plus importante sur les puts. Comme sur novembre, le coût de la protection baissière augmente plus rapidement que celui des options ATM. La différence principale concerne les calls. Leur volatilité progresse légèrement, mais l'aile droite ne présente pas le même redressement que sur novembre. La modification du smile reste essentiellement liée à la hausse des primes sur les puts. Cette distinction est importante, novembre devient plus cher sur les options OTM, particulièrement à la baisse, tandis que décembre conserve une volatilité légèrement supérieure autour de l'ATM. Le marché renchérit davantage les protections contre les mouvements importants sur l'échéance courte, sans transmettre intégralement cette hausse sur décembre.
Les indicateurs de forme de la distribution évoluent dans le même sens sur les deux échéances. Leur reconstruction suggère un déplacement de poids vers des mouvements intermédiaires plutôt qu'un renforcement uniforme d'événements extrêmes.

Maturité janvier Janvier présente une évolution plus progressive. La volatilité augmente également sur l'ensemble du smile et les puts OTM continuent de se renchérir légèrement plus rapidement que l'ATM. Toutefois, la différence entre les deux reste moins importante que sur novembre. Le changement le plus significatif concerne l'aile droite. La volatilité des calls les plus éloignés évolue très peu, alors que celle de l'ATM poursuit sa progression. Ces options perdent de la valeur relative en volatilité, sans nécessairement enregistrer une baisse absolue de leur prime.
Cette configuration indique que le renchérissement de la volatilité à moyen terme bénéficie surtout aux options ATM et aux protections baissières. Les scénarios de forte hausse ne connaissent pas de revalorisation comparable.

Flux et positionnement La comparaison des trois échéances met en évidence une concentration du renchérissement des protections baissières sur novembre, tandis que décembre et janvier présentent une progression plus régulière de la volatilité autour de l'ATM. La hausse plus limitée des calls accentue cette différence de valorisation entre les scénarios haussiers et baissiers. Les primes restent néanmoins importantes sur les deux ailes de novembre, traduisant le maintien d'un prix élevé pour les mouvements les plus importants.
Cette configuration est compatible avec un renforcement tactique des couvertures baissières à court terme, sans modification aussi prononcée des stratégies à moyen terme. Elle peut également correspondre à des achats de tunnel, pour un financement partiellement ou total de la protection. La faible revalorisation relative des calls est cohérente avec ce type de montage, sans toutefois démontrer son utilisation effective. Le maintien d'une prime baissière sur décembre et janvier suggère par ailleurs que cette protection conserve une dimension plus durable.
Les ajustements des teneurs de marché peuvent constituer un facteur supplémentaire. S'ils ont vendu des puts et présentent une exposition short gamma, une poursuite du repli peut conduire à une auto alimentation du mouvement pour maintenir leur couverture delta à zero, contribuant potentiellement à amplifier la baisse. Ce mécanisme reste néanmoins conditionnel. La surface de volatilité ne permet pas d'identifier les positions réellement détenues par les dealers, ni de distinguer les nouveaux achats de protection des ajustements de positions existantes. Le mouvement observé privilégie donc l'hypothèse d'un repositionnement tactique sur novembre, sans permettre de confirmer un changement structurel des flux.
Seuls les guignols de BFM Bourse prétendent avoir la faculté de déterminer le positionnement de chaque acteur en fonction des PO des futures et options.

Prime de volatilité La structure à terme des futures VIX conserve une inversion sur la première échéance, mais celle-ci est désormais beaucoup moins prononcée que la semaine dernière. Après un retour temporaire au contango en début de semaine, novembre est redevenu légèrement plus cher que décembre, avant que la courbe retrouve une pente ascendante à partir de janvier. Cette évolution marque une atténuation de la concentration du prix du risque sur le très court terme, sans correspondre à une normalisation complète. Le VIX spot termine la semaine en retrait, tandis que les futures VIX de novembre, décembre et janvier ont progressé par rapport à la semaine précédente. Le marché réduit ainsi une partie de la volatilité immédiatement constatée, tout en maintenant des primes plus élevées sur les horizons suivants. Cette configuration suggère que la tarification du risque ne se limite pas à un choc immédiat. Une partie du supplément de volatilité reste intégrée aux prochaines échéances, mais la faible inversion entre novembre et décembre ne traduit plus la concentration précédente. Le retour d'une pente positive à partir de janvier reste compatible avec une normalisation progressive.
L'évolution demeure cohérente avec les options SPX, qui montrent également un renchérissement de la volatilité sur plusieurs maturités. La différence concerne surtout la répartition des primes. Les options de novembre continuent d'accorder une valeur particulièrement importante aux protections baissières éloignées, alors que la courbe VIX montre une atténuation de la tension entre les premières échéances. Il n'apparaît pas de contradiction majeure entre les deux marchés. La volatilité reste valorisée à court terme, mais les options SPX montrent que cette prime se concentre davantage sur les scénarios baissiers.

Perspective Le SP500 évolue au contact du support de 7620, avec 7596 et 7568 comme premiers niveaux inférieurs, puis 7516 comme seuil plus important. Le renchérissement des puts OTM de novembre traduit une valorisation accrue des scénarios baissiers, sans permettre d'affirmer qu'une rupture de ces supports soit déjà anticipée. Un passage sous 7620, suivi d'une extension sous 7596, accompagné d'une nouvelle hausse simultanée de la volatilité ATM et des puts OTM, renforcerait la cohérence entre le repli de l'indice et le prix des protections. Une accentuation de la backwardation VIX confirmerait alors le renchérissement du risque immédiat.
À l'inverse, une stabilisation au-dessus de 7620, puis un franchissement des résistances de 7673 et 7691, associés à une détente de la volatilité ATM et à un retour plus marqué du contango VIX, indiqueraient une réduction du prix du risque à court terme. Toutefois, la faible progression des calls OTM, particulièrement sur janvier, montre que les scénarios de forte hausse ne bénéficient pas actuellement du même soutien. Une reprise de l'indice ne confirmerait donc un repositionnement des options en faveur de la hausse que si elle s'accompagnait également d'une revalorisation de l'aile droite par rapport à l'ATM.

L'achat régulier de petits puts OTM ne finit que par nuire au vendeur.