Évaluation des Mouvements de Marché, Volatilité et Tendances

Chaque semaine, nous mettons à votre disposition une anticipation des produits phares des marchés financiers

En nous appuyant sur des modèles statistiques avancés. Nous scrutons l'évolution du marché obligataire, étudiant les rendements, les spreads et la volatilité pour anticiper les mouvements futurs. En outre, nous examinons les tendances et la volatilité du marché des changes, en mettant particulièrement l'accent sur la parité EURUSD, et enfin, nous regardons les indices actions en analysant plus particulièrement sur l'indice d'action US S&P 500, avec un bref aperçu de son marché d'options.
Avec l'ensemble de ces anticipations, notre objectif est de vous fournir une vision plus éclairée des mouvements futurs du marché.

Mis en ligne : 05-10-2026 - 04:35 GMT
Mémento
USMarché obligataire américain
Courbe de taux US

Les taux monétaires à terme interrompent cette semaine leur remontée. L’OIS SOFR à 2 ans se détend et son écart avec le financement au jour le jour se resserre légèrement. Le marché réduit quelque peu le degré de durcissement futur qu’il intégrait encore la semaine précédente. La courbe à terme SOFR reste fortement ascendante sur ses premières échéances et continue d’incorporer des conditions monétaires sensiblement plus restrictives que celles observées aujourd’hui.

Sur l'ensemble de la semaine, la courbe UST accentue parallèlement sa pentification, mais sa dynamique change nettement de nature. Les maturités les plus courtes se détendent alors que les rendements progressent à partir du 5 ans, avec une hausse de plus en plus marquée en allant vers les échéances longues. Il ne s’agit plus principalement d’un déplacement général de la courbe vers le haut comme la semaine précédente, mais d’une véritable torsion entre l’avant et la duration.
Le segment entre le 2 ans et le 10 ans concentre l’essentiel de cette pentification. Le rendement du 2 ans recule légèrement tandis que celui du 10 ans poursuit sa hausse. Le bill 3 mois se détend encore davantage, ce qui ajoute une légère pentification à l’extrême avant de la courbe. La résistance relative du 5 ans observée la semaine dernière disparaît également, son rendement repart à la hausse et sa position au centre de la courbe redevient beaucoup plus neutre.
La partie longue prolonge le mouvement sans l’amplifier dans les mêmes proportions. Le 30 ans monte un peu plus que le 10 ans, produisant une nouvelle pentification, mais elle reste modérée. La principale déformation continue de se situer entre l’avant de la courbe et le segment 5/10 ans.

L’OIS demeure inférieur au rendement du Treasury 2 ans et l’écart entre les deux s’élargit légèrement. Cet élargissement tient en partie à la remontée de la compensation inflationniste à court terme, qui limite la baisse du rendement nominal du 2 ans comparativement à celle de l’OIS.

Le financement sécurisé au jour le jour reste globalement ordonné, mais une divergence apparaît entre ses différents compartiments. Le BGCR et le SOFR se détendent légèrement sur la semaine, tandis que le GC négocié via DTCC progresse marginalement. Son écart avec le SOFR, presque nul la semaine précédente, atteint désormais plusieurs points de base, et son écart avec le BGCR s’élargit également. Le renchérissement est concentré sur ce segment du repo plutôt que généralisé à l’ensemble du financement sécurisé. Dans le même temps, la dispersion des transactions composant le BGCR reste très faible et les volumes demeurent proches de leur moyenne récente. Cette combinaison ne signale pas une pénurie de liquidité en dollars, mais suggère que certaines transactions de financement contre collatéral deviennent relativement plus coûteuses.
Les fails doivent rester un point de vigilance. Leur progression s’est nettement accélérée au cours de septembre, avant la clôture trimestrielle, et les données quotidiennes montrent encore un nouveau pic autour du 30 septembre, suivi d’un reflux partiel sans retour évident aux niveaux antérieurs. Le phénomène ne peut pas être réduit à un simple effet de fin de trimestre et traduit la persistance de difficultés de règlement-livraison, dans le même temps, la dégradation du basis EURUSD et la remontée des primes de risque bancaires en Europe, particulièrement en France, ouvrent la possibilité d'une frictions liée à des contraintes de bilan, d’accès au dollar ou de collatéral chez certains intermédiaires européens. La divergence avec l’écart de financement liés au yen montre que le phénomène n’est pas uniforme à l’échelle internationale. A suivre...

L’inflation apporte cette semaine une distinction essentielle. La remontée de la compensation inflationniste reste concentrée sur les maturités courtes, tandis que les swaps 10 ans et 30 ans se détendent légèrement et que les forwards longs demeurent bien ancrés. Le marché ne valide pas une nouvelle vague d’inflation généralisée, mais plutôt une persistance des pressions à court terme.
La pentification de la courbe des Treasuries est principalement portée par les taux réels. Le taux réel synthétique à 2 ans recule, alors qu’il progresse du 5 au 30 ans, avec une hausse plus marquée sur les maturités longues. L’élargissement du 2 vs. 10 ans traduit ainsi une augmentation de la rémunération réelle exigée pour porter la duration, tandis que la compensation inflationniste tend au contraire à modérer cette pentification.

La configuration de cette semaine déplace le point d’équilibre du marché vers les taux réels. Leur remontée sur les maturités intermédiaires et longues renchérit le coût de la duration, mais augmente parallèlement la rémunération offerte aux nouveaux acheteurs, dans un environnement où le financement repo domestique reste liquide et où les anticipations d’inflation longues demeurent contenues, d’où la question fondamentale : la duration US, problème de prime à terme ou reflet d’une croissance plus forte ?

A ce jour, Les contrats à terme SOFR et les Bills n'anticipent pas de hausse des taux lors de la réunion d’octobre. Cela correspond à une hausse cumulée d’environ 25 points de base d’ici fin décembre 2026.

Volatilité USTVolatilité obligataire américaine

Sur la semaine, les spreads US vs. Allemagne de volatilité (AB HV) courte se resserrent sur l’ensemble de la courbe, avec un ajustement plus marqué sur la partie courte. La volatilité US rejoint celle de l’Allemagne sur le court terme, tout en restant supérieure sur le reste de la courbe.
Sur la volatilité (AB HV) longue, la stabilité domine. Les spreads US vs. Allemagne restent pratiquement inchangés sur l’ensemble de la courbe, avec seulement un resserrement mineur sur la partie longue. La volatilité US demeure supérieure à celle de l’Allemagne.
Face aux autres marchés européens, la AB HV courte US se situe désormais sous celle de la France sur une large partie de la courbe et reste inférieure à celle de l’Italie. À long terme, la volatilité US demeure supérieure à celle de tous les marchés européens présents, avec des écarts toujours plus importants face à l’Allemagne.

Volatilité (AB HV) Tendance Niveau Historique Risque variation violente Move Index (IV) HV - Move Index (IV)
Long Terme Moyen Moyen
Court Terme Normal
Volatilité des Treasuries US

La volatilité (AB HV) longue reste presque stable sur la semaine, elle progresse d’environ 10 bps du 2Y au 10Y et ne change pratiquement pas sur le 30Y. Le niveau de risque mesuré à long terme évolue peu. En revanche, l’écart entre la volatilité courte et la longue augmente de 50 à 60 bps sur l’ensemble de la courbe. Le mouvement traduit surtout une hausse du risque à court terme, sans changement notable du niveau de risque de fond.
La volatilité (AB HV) courte augmente sur toute la courbe, environ +60 bps sur le 2Y, +70 bps sur le 5Y et 10Y et +50 bps sur le 30Y. La hausse est légèrement plus marquée sur les maturités intermédiaires. La courbe conserve une forme en cloche, avec une volatilité plus élevée autour du 5Y puis plus faible vers le 30Y. Le risque récent reste ainsi davantage concentré sur le segment intermédiaire.

La semaine dernière, nous avons refermé trop vite la fenêtre de risque : la nouvelle poussée de l’IV a contredit notre lecture d’une normalisation après les réunions des banques centrales. Son récent repli traduit un premier allègement de la prime de protection, mais la hausse du MOVE HV d’Analysebourses montre que l’agitation s’est installée dans les mouvements du cash. Le pic d’inquiétude semble passé, mais pas encore l’épisode de volatilité.

Union EuropéenneMarché obligataire européen
Courbe de taux EU

Les taux monétaires européens se détendent cette semaine, alors même que le retrait de la liquidité excédentaire se poursuit. L’€STR évolue désormais à environ 6 bp sous le taux de dépôt, un resserrement qui traduit une liquidité moins abondante dans le système bancaire. Dans le même temps, l’OIS euro à 2 ans recule de 3.25 % à 3.04 %, tandis que les futures €STR intègrent encore près de 25 bp de resserrement entre octobre et décembre 2026, puis de nouvelles hausses jusqu’au milieu de 2027 avant une stabilisation à partir de l’été. Les futures Euribor confirment cette trajectoire. Le marché conserve un scénario de durcissement de la BCE dans les prochains mois, mais sur une trajectoire globale de taux désormais moins élevée qu’une semaine auparavant.

Dans le prolongement de la semaine dernière, le changement majeur vient du fait que le mouvement européen n’est plus commun à l’ensemble des signatures. La semaine précédente avait été dominée par une pentification relativement homogène entre 2 ans et 10 ans, avec une hausse du rendement du 10 ans plus rapide que celle du court terme.
Cette semaine, cette cohérence disparaît. Le Bund accompagne la détente du taux sans risque, tandis que l’OAT évolue dans la direction opposée. L’Italie reste dans une position intermédiaire et l’Espagne conserve une meilleure stabilité. La turbulence européenne ne correspond ni à une hausse uniforme des rendements ni à une réapparition généralisée du risque périphérique. Elle se concentre principalement sur la signature française.
Notre indicateur de risque financier confirme cette localisation du risque. La composante française atteint 4.09, très loin devant l’Allemagne à 0.90, l’Italie à 0.32 et l’Espagne à 0.21. L’indicateur européen agrégé remonte à 1.38, et cette progression est très largement entraînée par la France.

L’Allemagne constitue cette semaine le meilleur exemple de transmission de la détente monétaire. Le Bund se détend sur toute la courbe, avec près de 20 bp de baisse sur le 2 ans, 17 bp sur le 5 ans, 13 bp sur le 10 ans et 9 bp sur le 30 ans. La baisse des rendements devient progressivement moins importante à mesure que la maturité augmente.
La courbe allemande poursuit ainsi sa pentification entre 2 ans et 10 ans, mais pour une raison différente de la semaine précédente. Cette fois, ce n’est pas le 10 ans qui entraîne le mouvement par une hausse plus rapide de son rendement. C’est le 2 ans qui se détend beaucoup plus fortement que le reste de la courbe.
Le Bund 2 ans accompagne presque exactement le recul de l’OIS 2 ans. Son écart au taux swap reste proche de 4 bp. L’Allemagne demeure ainsi presque directement arrimée au socle sans risque de la zone euro. Ce comportement renforce également le rôle du Bund comme actif de couverture et comme collatéral privilégié pendant la turbulence observée cette semaine.

La France présente une configuration totalement différente. L’OAT 2 ans monte de 16 bp, le 5 ans de près de 25 bp, le 10 ans de 17 bp et le 30 ans de 16 bp. La courbe française ne se pentifie pratiquement pas entre 2 ans et 10 ans. Elle se déplace surtout vers le haut avec une dislocation très nette du 5 ans.
Le comportement du 2 ans constitue déjà un signal important. Alors que l’OIS recule de plus de 20 bp et que le Bund 2 ans accompagne presque intégralement cette détente, l’OAT 2 ans évolue dans la direction opposée. L’écart entre l’OAT et l’OIS passe ainsi d’environ 33 bp à presque 70 bp.
Cet écart ne représente pas un pur spread de crédit. Son évolution montre que la détente du facteur monétaire commun ne se transmet plus normalement à la dette française. Une prime supplémentaire apparaît désormais dès les maturités courtes.

Le ventre de la courbe française devient cependant le segment le plus révélateur. Le spread OAT vs. Bund à 5 ans passe d’environ 67 à 108 bp en une semaine, soit un élargissement supérieur à 40 bp. Le mouvement dépasse celui observé sur le 2 ans, le 10 ans et le 30 ans.
La différence avec la semaine précédente est particulièrement importante. Le 5 ans français constituait encore une zone de résistance relative, avec un spread franco allemand pratiquement inchangé. Cette résistance disparaît totalement cette semaine. Le 5 ans devient au contraire le cœur de la sous performance de l’OAT.
Les rendements ne permettent pas d’observer directement les flux, mais le signal de marché traduit une préférence nette pour le Bund, tandis que l’OAT doit offrir une concession pour compenser le risque souverain, la liquidité et le volume futur d’émissions. La tension n’est plus uniquement reportée vers la duration longue. Elle s’est installée au centre même de la courbe française.

La comparaison entre la France et l’Italie renforce ce constat. Le BTP 2 ans reste pratiquement stable sur la semaine, alors que le 5 ans progresse de près de 9 bp, le 10 ans de 7 bp et le 30 ans d’environ 5 bp. La courbe italienne se pentifie entre 2 ans et 10 ans, sans mouvement comparable à celui observé sur l’OAT.
Le spread du BTP 2 ans par rapport à l’OIS remonte autour de 48 bp. L’Italie ne bénéficie pas intégralement de la détente du taux sans risque, mais son comportement reste très différent de celui de la France puisque son rendement à 2 ans reste pratiquement stable.
La comparaison directe est encore plus parlante sur le 5 ans. L’OAT rapporte désormais environ 28 bp de plus que le BTP, contre seulement 12 bp une semaine auparavant. À 10 ans, l’écart France Italie passe d’environ 15 à 26 bp. Le marché continue de demander davantage de rendement pour porter la dette française que pour porter la dette italienne, et cette différence s’est fortement accrue cette semaine sur les maturités intermédiaires.

L’Espagne confirme que cette tension ne correspond pas à un mouvement périphérique généralisé. Son rendement à 2 ans baisse de près de 7 bp, le 5 ans recule légèrement, tandis que le 10 ans et le 30 ans ne progressent que de 1 à 3 bp.
Son écart au taux OIS à 2 ans reste proche de 24 bp, bien inférieur aux niveaux français et italien. La bonne tenue espagnole, associée à la relative stabilité italienne, isole encore davantage le mouvement français. Le marché ne réduit pas indistinctement son exposition aux dettes souveraines européennes. Il établit au contraire une hiérarchie beaucoup plus nette entre les différentes signatures.

La queue de courbe permet ensuite de distinguer le comportement de la duration. En Allemagne, les rendements à 10 ans et 30 ans reculent respectivement d’environ 13 et 9 bp. Le mouvement traduit une demande de duration sur le Bund, plus marquée sur le 10 ans que sur l’extrême long terme. Le 30 ans conserve davantage de prime de terme.
En France, le mouvement est opposé. Les rendements à 10 ans et 30 ans progressent respectivement d’environ 17 et 16 bp. Il n’y a pas de ruée vers la duration française. Le fait que le 30 ans monte légèrement moins que le 10 ans montre une certaine résistance de l’extrême long terme, probablement soutenue par les investisseurs structurels à passif long, mais cette demande reste insuffisante pour provoquer une détente du rendement.
Le spread OAT vs. Bund s’élargit ainsi d’environ 31 bp à 10 ans et de 25 bp à 30 ans. L’Italie reste beaucoup plus stable, avec une hausse d’environ 7 bp du BTP 10 ans et de 5 bp du 30 ans. L’Espagne résiste mieux encore. La duration européenne n’est pas vendue en bloc. La dégradation relative concerne principalement la dette française.

Les anticipations d’inflation permettent de mieux identifier la nature de cette hausse des rendements. Sur les vingt dernières séances, la tension française ne s’accompagne pas d’une remontée comparable des swaps d’inflation. Ceux ci ont plutôt reculé tandis que les taux réels synthétiques ont fortement progressé.
À 10 ans, l’inflation implicite française se situe autour de 2.06 %, contre environ 2.57 % en Allemagne, alors que l’OAT rapporte environ 4.87 % et le Bund environ 3.47 %. Le taux réel synthétique ressort ainsi autour de 2.81 % en France contre seulement 0.90 % en Allemagne.
L’écart franco allemand ne provient pas d’une inflation anticipée plus forte en France. Il repose principalement sur une rémunération réelle beaucoup plus élevée, à laquelle viennent s’ajouter la prime de terme et la prime propre à la signature souveraine fortement dégradée.
À 30 ans, la situation devient différente. Les taux réels synthétiques français et italiens sont pratiquement identiques, proches de 3 %. Le rendement nominal français reste supérieur au rendement italien d’environ 28 bp, mais l’inflation implicite française est également supérieure d’environ 31 bp. Tout l’écart OAT vs. BTP sur l’extrême long terme ne peut pas être interprété comme une prime de risque française supplémentaire.
La tension propre à la France apparaît beaucoup plus clairement sur le 2 ans, le 5 ans et le 10 ans que sur cette comparaison réelle du 30 ans.

La semaine marque ainsi une dégradation plus nette de la signature française que la précédente. Le phénomène ne se limite plus à une rémunération supérieure exigée sur la duration longue. La concession apparaît maintenant dès le 2 ans et atteint son maximum sur le 5 ans, alors même que l’OIS se détend et que le Bund accompagne cette détente.
L’Allemagne retrouve pleinement son rôle d’ancrage autour du taux sans risque. L’Espagne conserve une structure relativement solide. L’Italie absorbe une hausse modérée de ses rendements intermédiaires et longs. La France, en revanche, se détache nettement du mouvement commun.
L’OAT rapporte désormais davantage que le BTP sur l’ensemble de la courbe et l’écart s’est encore accru cette semaine, principalement sur les maturités courtes et intermédiaires. Le marché ne refuse pas la dette française, mais il lui impose une concession beaucoup plus importante pour attirer le capital.
Le signal le plus préoccupant vient du fait que cette concession s’est installée dès le 2 ans et surtout au cœur de la courbe, sur le 5 ans, précisément là où la détente du taux sans risque aurait dû apporter davantage de soutien. Le risque politique, la liquidité, la qualité relative du collatéral et la capacité d’absorption des futures émissions françaises occupent désormais une place beaucoup plus importante dans la formation du rendement.

A ce jour, Les contrats à terme Euribor et €STR n'anticipent pas de hausse des taux lors de la réunion d’octobre. Cela correspond à une hausse cumulée d’environ 25 points de base d’ici fin décembre 2026.

Vous trouverez le détail des différents composants des obligations européennes ci-dessous et plus dans la section Taux d’intérêt.

Volatilité obligataire EUVolatilité obligataire européenne
Volatilité des Treasuries US

La volatilité (AB HV) longue de l’Europe reste globalement stable, avec des variations limitées de +6 à +13 bps. Le nivepour le de risque à long terme évolue peu. L’Allemagne conserve la volatilité la plus faible, la France reste intermédiaire et l’Italie la plus élevée. Cette hiérarchie ne change pas cette semaine.

  • GER. La volatilité (AB HV) courte augmente de +130 bps pour le 2 ans, davantage qu’en France et en Italie, puis de +110 bps pour le 5 ans, +90 bps pour le 10 ans et +80 bps pour le 30 ans. Malgré ce mouvement, la HV longue évolue peu. La hausse reste principalement sur le court terme.
  • FRA. La volatilité (AB HV) courte progresse de +80 bps pour le 2 ans, +120 bps pour le 5 ans, +100 bps pour le 10 ans et +130 bps pour le 30 ans. Le 30 ans se distingue par une hausse supérieure à celle observée en Allemagne et en Italie. La HV longue a peu changée.
  • ITA. La volatilité (AB HV) courte est actuellement la plus élevée des 3 pays sur le 2 ans, le 5 ans et le 10 ans. Sur la semaine, elle progresse de +50 à +100 bps selon les maturités, soit des hausses généralement plus modérées qu’en Allemagne et en France. Seul le 30 ans reste légèrement sous la France. La HV longue est presque stable, ce qui montre une hausse concentrée sur la volatilité court terme.
Drapeau Union EuropéenneParités EUR et USD

Drapeau USA Le dollar prolonge encore son appréciation, mais dans un régime légèrement différent de celui des semaines précédentes. Sa progression reste large alors que la volatilité globale ne s’accélère plus, ce qui donne davantage de poids au différentiel de taux et aux flux vers les actifs américains qu’à une simple recherche de refuge. La récente hausse des taux de la Fed continue de soutenir cette configuration même si les anticipations d’un nouveau resserrement immédiat ont été tempérées.

  • En Amérique, le peso mexicain reste pénalisé par l’érosion de l’avantage de rendement qui avait constitué l’un de ses principaux soutiens. La pause prolongée de Banxico contraste avec le récent resserrement américain, tandis que la croissance mexicaine reste modeste. Le carry demeure attractif, mais beaucoup moins différenciant face au dollar. Le real brésilien continue au contraire de relativement bien absorber la fermeté du dollar malgré l’assouplissement engagé par la banque centrale. Les inquiétudes budgétaires et l’élection imminente constituent désormais le principal risque de rupture. Le dollar canadien continue de souffrir d’un différentiel de taux devenu moins favorable face aux États-Unis. Le recul récent du pétrole ajoute une contrainte supplémentaire à une devise déjà pénalisée par l’écartement des rendements nord-américains. La faiblesse du peso chilien reste cohérente avec les difficultés déjà identifiées autour de la transmission du secteur minier vers l’économie domestique. Les problèmes persistants de Codelco continuent de limiter la capacité du cuivre à fournir à la devise le soutien qu’il lui apporterait normalement.
  • En Asie, le renminbi chinois continue d’échapper en partie à la hausse générale du dollar et la fermeture du marché chinois pendant une grande partie de la semaine va probablement contenir les mouvements et la volatilité. Cette stabilité contraste avec les pressions beaucoup plus fortes qui touchent plusieurs devises asiatiques importatrices d’énergie. Le won coréen confirme son redressement, sa volatilité diminue sensiblement alors que la devise conserve une bonne tenue, ce qui éloigne progressivement le scénario d’un simple rebond de couverture après sa forte faiblesse antérieure. Les exportations de semi-conducteurs et le soutien du compte courant fournissent désormais une base fondamentale plus consistante.
    USDJPY conserve une orientation légèrement favorable au dollar, tandis que la volatilité se détend nettement par rapport à la semaine précédente. Les futures sur taux monétaire continuent d’intégrer une remontée progressive du niveau des taux japonais, concentrée sur les premières échéances avant de devenir beaucoup plus graduelle. Le scénario de normalisation reste significatif, mais sans nouvelle accélération cette semaine, ce qui laisse encore au dollar un avantage de portage à court terme.
    À ce signal de taux s’ajoutent les conditions de financement dollar/yen. Elles se sont détendues par rapport à la semaine précédente, ce qui montre que la fermeté actuelle de la paire ne provient pas d’une nouvelle tension générale sur l’accès au dollar. Ce facteur reste néanmoins à surveiller comme le lait sur le feu, car la structure des échéances demeure très irrégulière, avec plusieurs variations importantes et changements rapides de signe. Ces dislocations révèlent des besoins de couverture et de bilan concentrés sur certaines maturités, comme le montre notre cartographie des tensions de financement, elles pourraient rapidement redevenir un facteur d’amplification pour la paire si les tensions se diffusaient à davantage d’échéances.
  • En Europe, le zloty polonais reste fragilisé par la dégradation de la perception budgétaire polonaise déjà apparue la semaine précédente. L’abaissement de la note souveraine et l’absence de nouveau soutien monétaire entretiennent une faiblesse propre au zloty, au-delà de la seule fermeté du dollar. Le cas du forint hongrois est plus nuancé. Le changement politique et le projet d’adoption de l’euro ont amélioré la perception de la Hongrie et soutenu le forint. En contrepartie, cette amélioration de crédibilité a entraîné une baisse des rendements domestiques, réduisant l’avantage de portage qui soutenait auparavant la devise. La couronne norvégienne subit parallèlement le retournement du pétrole, qui retire à la devise une partie du soutien apporté par le récent resserrement de Norges Bank.
  • En Océanie, la RBA reste l’une des banques centrales développées les plus restrictives, mais la dernière publication d’inflation a légèrement déçu les anticipations et réduit la probabilité d’un nouveau relèvement immédiat. Le dollar australien perd ainsi une partie du soutien marginal attendu du différentiel de taux, alors que la Fed conserve elle aussi un biais restrictif. Le dollar néo-zélandais reste soutenu par les anticipations de resserrement de la RBNZ, mais cet avantage est partiellement neutralisé par l’incertitude politique précédant les élections et par le débat sur le mandat de la banque centrale.
  • En Afrique, le rand sud-africain perd le soutien relatif dont il bénéficiait après le resserrement de la SARB. La remontée des rendements mondiaux renchérit désormais suffisamment le coût d’opportunité des expositions émergentes pour réduire l’efficacité du carry sud-africain, et la fermeté du dollar accentue le phénomène.

La volatilité (HV) générale du dollar reste inscrite dans une tendance de fond à la détente, mais la composante de court terme s’est redressée. Cette reprise ne se diffuse toutefois pas uniformément à l’ensemble des devises, la volatilité (HV) globale recule légèrement sur la semaine, avec des tensions davantage concentrées sur certaines zones, comme l’Europe et l’Afrique, tandis qu’elles se détendent en Asie et en Océanie. À ce stade, le récent regain de volatilité (HV) relève davantage d’une hausse ponctuelle que de l’installation d’un régime durable ou généralisé.
La paire EURUSD est à surveiller à court terme.


Drapeau EU La faiblesse de l’euro devient plus diffuse que la semaine précédente. Elle ne se traduit pas par une envolée de volatilité, mais par une perte d’avantage relatif face à plusieurs devises bénéficiant d’un meilleur portage ou de fondamentaux extérieurs plus favorables. Le changement le plus important réside dans l’apparition de mouvements significatifs sur des cross qui étaient équilibrés la semaine précédente.

  • En Amérique, le peso mexicain est suffisamment affaibli par la réduction de son avantage de portage, qu'il permet à l’euro de progresser malgré sa propre faiblesse. Le real brésilien conserve un avantage beaucoup plus solide. Malgré les baisses successives de la banque centrale brésilienne, les taux réels restent élevés et continuent de rémunérer le risque fiscal et électoral. Le peso chilien reste davantage dépendant de facteurs domestiques liés à son secteur minier, empêchent la devise de bénéficier pleinement de son exposition habituelle aux matières premières. L’évolution du cross reste dominée par cette fragilité chilienne plutôt que par un moteur propre à l’euro.
  • En Asie, le renminbi conserve une bonne résistance grâce à un régime de change encadré. La divergence avec l’euro est plus nette que celle observée contre le dollar, ce qui amplifie le mouvement du cross sans une accélération particulière de la volatilité chinoise. Le won coréen prolonge son redressement avec une base plus fondamentale. Les exportations technologiques coréennes restent particulièrement solides et le compte courant apporte un soutien que la devise ne possédait pas avec la même netteté lors de sa phase de faiblesse précédente. La diminution de la volatilité renforce le caractère plus ordonné de cette reprise. Le ringgit malaisien conserve un avantage particulier au sein de l’Asie grâce au statut d’exportateur net d’énergie, auquel s’ajoute toujours le soutien du secteur électronique. La roupie indonésienne reste vulnérable en raison du coût de l’énergie et de la hausse des rendements mondiaux. Son comportement face à l’euro est intéressant parce qu’il ne repose pas sur une amélioration évidente de ses propres fondamentaux. Le cross traduit ici davantage la faiblesse relative de la monnaie unique.
    Le yen conserve un soutien de fond lié aux anticipations de remontée des taux japonais, toujours concentrées sur les premières échéances de futures monétaires, mais sans nouvelle accélération. Le recul du cross s’accompagne d’une nette détente de la volatilité. Les conditions de financement euro/yen se sont parallèlement détendues par rapport à la semaine précédente, ce mouvement peut traduire moins une amélioration générale des conditions de financement qu’une réduction des besoins de couverture en euros, compatible avec des désengagements d’investisseurs japonais de l’obligataire européen et un rapatriement des capitaux vers le yen. Le signal reste à confirmer par les flux, mais la combinaison du repli de la paire EURJPY et de la "normalisation" des conditions de financement renforce cette hypothèse.
  • En Europe, le franc retrouve un rôle de diversification et de refuge face aux turbulennces au sein du bloc européen alors même que la Banque nationale suisse maintient une politique beaucoup moins restrictive que plusieurs de ses homologues. La livre bénéficie d’un environnement monétaire désormais plus favorable relativement à l’euro. Les marchés anticipent encore des hausses de taux de la BoE et la perspective d’un rapprochement institutionnel avec l’Union européenne apporte également un soutien supplémentaire. Le forint se trouve dans une configuration particulière. Les perspectives d’intégration monétaire européenne et de consolidation budgétaire ont amélioré sa crédibilité structurelle, mais le rallye obligataire associé a comprimé son avantage de rendement.
  • En Océanie, les mouvements de l’euro face au dollar australien et au dollar néo-zélandais restent trop limités pour fournir cette semaine une information suffisamment robuste.
  • En Afrique, l’euro reprend du terrain face au rand sud-africain, mais le moteur vient essentiellement de la perte d’efficacité du soutien monétaire sud-africain. La hausse des rendements mondiaux réduit l’attrait relatif des actifs émergents et neutralise en partie le bénéfice du récent resserrement de la SARB.

La volatilité (HV) générale de l’euro reste inscrite dans une tendance de fond à la détente, malgré une légère progression sur la semaine. La composante de court terme se redresse plus nettement et cette remontée commence à se diffuser, principalement en Europe et en Asie. À l’inverse, la volatilité se détend sensiblement en Afrique, reste presque stable en Amérique et évolue peu en Océanie. À ce stade, son regain ne traduit pas l’installation d’un régime durable ou généralisé.
Les paires EURJPY et EURCHF sont à surveiller.

Drapeau Union EuropéennePaire EURUSD

Cette semaine, le signal se durcit. La paire EURUSD recule et le différentiel de taux US/EU ne se contente plus de rester favorable au dollar, il s’élargit au-delà du très court terme. Le différentiel de front ne gagne qu’environ 2 pb, mais son niveau moyen progresse de près de 19 pb et sa pente passe de -6 à +9 pb, ce qui renforce nettement la pente de la courbe forward à partir de 2027.
La baisse du spot reste le principal moteur du recul des forwards. Sur les échéances plus lointaines, la structure de taux atténue toutefois une partie de ce mouvement. Cela ne change pas le signal de fond, le marché de taux ne valide pas de reprise durable de l’euro et le carry reste favorable au dollar.
À ce signal de taux s’ajoute désormais un facteur de flux. Les sorties de l’obligataire européen accentuent la pression sur la monnaie unique, tandis que la progression du franc suisse montre qu’une partie des capitaux cherche également une protection à l’intérieur même de l’Europe. Le mouvement ne se limite plus à un simple avantage relatif du dollar, il intègre aussi une prime de risque croissante sur l’Europe, susceptible de peser davantage sur l&a paire si ces flux devaient s’amplifier.
Le changement le plus notable vient des conditions de financement dollar/euro, qui se creuse de -2,68 à -6,87 en une semaine, avec une accélération sur les deux dernières séances. Contrairement à la semaine précédente, le financement se tend de nouveau à un niveau qui n'est pas encore dramatique, ce qui va probablement renforcer la demande de dollar et réduire la capacité des rebonds de la paire. La configuration reste ainsi baissière à court terme, le différentiel de taux s’est élargi, la courbe forward s’est davantage pentifiée, les flux obligataires deviennent défavorables à l’euro et les conditions de financement en dollar se dégradent. Tant que ces facteurs ne se normalisent pas, les reprises d’EURUSD devraient rester davantage des rebonds techniques qu’un véritable retournement.

La volatilité (IV) de la paire se redresse nettement sur la semaine, passant de 5,91 % à 6,96 %, après un pic à 8,09 % le 1er octobre. La volatilité (HV) reste en revanche plus contenue et ne suit pas cette remontée dans les mêmes proportions. L’écart entre IV et HV se creuse, traduisant une hausse du prix de la protection davantage qu’un régime de volatilité déjà installé. À ce stade, le marché anticipe davantage de risque, mais la HV ne confirme pas encore l’installation d’un mouvement durable ou désordonné.

WorldIndices Actions

Cette semaine, peu d’éléments nouveaux viennent modifier notre lecture du marché actions américain. Les développements récents tendent surtout à confirmer les tendances déjà en place plutôt qu’à en faire émerger de nouvelles.

La détente anticipée sur les autres segments du marché américain devrait créer un environnement favorable aux actions. Le financement de l’intelligence artificielle entre parallèlement dans une nouvelle phase. SoftBank a désormais concrétisé son engagement auprès d’OpenAI après avoir levé les capitaux nécessaires sur le marché obligataire. Le coût de cette dette montre à quel point la compétition devient exigeante financièrement, mais il montre aussi que les investisseurs restent disposés à fournir les sommes nécessaires.
La principale confirmation de la semaine vient des bénéfices. Les anticipations d’EPS du S&P 500 ont encore été relevées. La progression du marché ne repose donc pas uniquement sur une hausse des multiples, l’amélioration attendue des résultats continue d’apporter un soutien fondamental aux cours.

Nous avons justement élargi notre module consacré au S&P 500 en intégrant le calcul du P/E, le rendement bénéficiaire de l’indice ainsi que son écart avec le rendement du Treasury à 10 ans. Cela vous permettra de mieux distinguer ce qui relève de la croissance des bénéfices de ce qui provient d’une simple revalorisation du marché.

Pour le marché actions américain, l’équation reste donc favorable. Les conditions de liquidité sont stables, les investissements demeurent massifs, les capitaux restent accessibles et les anticipations de bénéfices progressent. Dans cet environnement, nous ne voyons toujours pas les éléments susceptibles d’enclencher une spirale baissière durable sur les actions américaines.

Pour les actions européennes, c’est une autre histoire. Outre le manque de perspectives, les nouvelles tensions autour de l’harmonisation du fonctionnement des marchés financiers rappellent combien le chemin vers un véritable marché unique des capitaux reste encore long. À cela s’ajoutent les tensions provoquées par le chaos de la gestion d’Emmanuel Macron en France, qui alimentent désormais une pression supplémentaire sur le secteur bancaire européen, et plus particulièrement français, avec une nette hausse des primes de risque bancaire.

La semaine lunaire française

Cette semaine, nous avons été profondément choqués par les événements survenu en France.

Le blocage des lycées avait commencé sans violence. Emmanuel Macron et son gouvernement ont pourtant cru bon d’y répondre par la force. Ce qui devait arriver est arrivé, après plusieurs années marquées par des affaires de violences policières particulièrement graves. L’affaire Nahel reste évidemment dans toutes les mémoires. Un jeune de banlieue tué lors d’un contrôle routier, dans une scène filmée qui avait immédiatement contredit la première version donnée des faits dont l'auteur a ete reintegré dans les forces de police. À Marseille, un autre jeune homme a été laissé entre la vie et la mort après une intervention policière, au point de devoir subir l’ablation d’une partie de sa boîte crânienne. Lors des manifestations contre la réforme des retraites, les blessures graves, les mains arrachées et les yeux perdus se sont également accumulés.

En Iran, on tire à balles réelles sur les manifestants. Dans la France d’Emmanuel Macron, on préfére mutiler à coups de LBD ou de grenades. La comparaison est volontairement brutale, mais elle traduit un malaise profond, celui d’un pays dans lequel une partie croissante de la population considère que le maintien de l’ordre s’est progressivement transformé en stratégie d’intimidation.
Un malaise d’autant plus difficile à balayer que les pratiques françaises de maintien de l’ordre depuis que Macron est au pouvoir ont été mises en cause à plusieurs reprises bien au-delà de nos frontières. Des organes des Nations unies ont fait part de leurs graves préoccupations concernant l’usage excessif de la force et celui d’armes intermédiaires susceptibles de provoquer des blessures graves. Le Conseil de l’Europe a lui aussi directement rappelé la France à ses obligations, dénonçant l’usage excessif de la force et appelant les autorités à protéger les manifestants pacifiques contre les violences policières. Il ne s’agit donc plus seulement d’une accusation portée par les opposants au gouvernement, les méthodes françaises de maintien de l’ordre font depuis plusieurs années l’objet de critiques émanant d’institutions internationales chargées précisément de la protection des droits fondamentaux.

Cette semaine, bis repetita.

Un adolescent de 14 ans qui se rebellait n’a pas simplement été maîtrisé puis interpellé comme on serait en droit de l’attendre dans un État de droit. Il a reçu un tir de grenade à très courte distance au visage. La scène ayant été filmée, il était malheureusement prévisible que les images provoquent dès le lendemain une réaction violente d’une partie de la jeunesse.
Le problème dépasse désormais largement la seule question du maintien de l’ordre.
Après près de dix années de macronisme, l’exaspération est générale. L’Éducation nationale est exsangue, l’hôpital est à bout de souffle, les services publics sont en lambeaux. Des filières industrielles d’excellence ont disparu ou ont été vendues. L’agriculture et la pêche sont en état de mort cérébrale. Dans de nombreux territoires, la population voit l’État reculer partout.

À cela viennent s’ajouter toutes les interrogations qui entourent depuis des années le parcours et les décisions d’Emmanuel Macron.
Avant sa mort, le député Olivier Marleix avait notamment saisi la justice au sujet de soupçons concernant certaines opérations économiques auxquelles Emmanuel Macron avait été associé lorsqu’il était ministre. Nous continuons de considérer que toute la lumière doit être faite sur les dossiers Alstom, Technip, Alcatel, EDF et, plus généralement, sur les grandes opérations industrielles conduites ou accompagnées durant cette période.
Les mêmes exigences de transparence doivent s’appliquer aux conditions du financement de ses campagnes électorales, aux relations avec Havas et le groupe Bolloré, aux conditions consenties à certaines grandes entreprises ou encore aux décisions concernant des terrains appartenant à l’État. Il ne s’agit pas de condamner avant que la justice ne se prononce. Il s’agit précisément de demander que la justice puisse enquêter, établir les faits et répondre à des questions qui, pour certaines, restent posées depuis des années.

Quant au budget, il devient difficile de demander encore aux Français de croire au discours permanent sur la nécessaire austérité.
Le Parlement vient en effet d’adopter une actualisation de la loi de programmation militaire ajoutant 36 milliards d’euros supplémentaires aux dépenses prévues pour les armées entre 2026 et 2030. Loi promulguée le 16 août 2026.
36 milliards supplémentaires pour la Défense peuvent donc être trouvés en quelques mois. Dans le même temps, chaque dépense supplémentaire pour l’hôpital, l’école ou les services publics est présentée comme une menace pour l’équilibre des finances publiques. C’est ce contraste qu’il devient de plus en plus difficile d’expliquer aux Français. À cela s’ajoute le coût de la démonstration militaire décidée au Moyen-Orient.

Tout cela pose une question politique simple, au moment où l’on explique aux Français qu’il faut économiser sur les retraites, les services publics, la santé ou les collectivités, comment justifier que des dizaines de milliards puissent être dégagés aussi rapidement pour le réarmement et qu’un milliard supplémentaire puisse être absorbé en quelques mois par l’intensification d’opérations militaires extérieures ?
Ce n’est pas la légitimité de disposer d’une armée qui est en cause. C’est la hiérarchie des urgences budgétaires imposée aux Français. L’origine même de ce déploiement mérite d’être rappelée. Le 3 mars, après l’attaque de Chypre et la détection de 2 drones se dirigeant vers les bases britanniques d’Akrotiri, Emmanuel Macron ordonne au groupe aéronaval du Charles-de-Gaulle, alors engagé en Atlantique Nord, de faire route vers la Méditerranée orientale. Autrement dit, un incident initial impliquant 2 drones à 6.000 € a servi de point de départ à une projection militaire française d’une ampleur considérable. La protection de Chypre et des ressortissants français constitue évidemment une mission légitime de l’État. Mais la disproportion entre la menace initiale et les moyens finalement mobilisés mérite au minimum d’être interrogée, particulièrement lorsque le gouvernement annonce parallèlement près d’un milliard d’euros de surcoûts opérationnels et explique aux Français qu’il n’existe plus de marge budgétaire pour l’hôpital, l’école ou les services publics.
C’est précisément là que se situe le problème, personne ne demande à la France de renoncer à sa défense. Nous demandons simplement pourquoi la contrainte budgétaire semble devenir absolue lorsqu’il s’agit des services publics, mais beaucoup plus relative dès lors qu’Emmanuel Macron décide de projeter une part substantielle de la puissance militaire française à plusieurs milliers de kilomètres de nos côtes pour 2 drones !

Le résultat politique devient catastrophique. Les Français sont tellement désabusés qu’une partie d’entre eux envisage désormais de chasser ce personnel politique en portant au pouvoir une dirigeante d’extrême droite elle-même condamnée dans une affaire de détournement de fonds publics. Voilà le bilan politique le plus terrible du macronisme, avoir tellement détruit la confiance dans les institutions, les partis traditionnels et la parole publique qu’une partie du pays en arrive à considérer l’extrême droite comme la seule possibilité d’alternance.

Les conséquences ne resteront pas cantonnées à la politique intérieure. Sur le marché obligataire européen, nous venons d’assister au retrait de la mer avant le tsunami. La France cumule désormais déficit massif, dette incontrôlée, défiance populaire et incapacité apparente à produire une trajectoire budgétaire crédible. À mesure que la crise politique se transforme en crise de confiance, la question n’est plus seulement celle du gouvernement ou du prochain budget, c’est progressivement la prime de risque française qui entre dans l’équation.
Le marché peut ignorer longtemps la politique. Il ne peut pas ignorer indéfiniment la solvabilité, l’instabilité institutionnelle et la perte de crédibilité budgétaire.

Et derrière cette situation, une responsabilité politique domine toutes les autres, celle d’Emmanuel Macron.

Drapeau USATaux 10 ans US à 5.273

Rendement et future du 10 ans T-Note US

Pression Acheteur Pression Vendeur

Tendance de fond : Haussière

La pression d’achat prédominante glisse doucement, la pression de vente décline en ralentissant sa vitesse.

Pour cette semaine, le rendement du 10 ans US devrait plafonner sous la zone de résistance 5.190 / 5.213 pour évoluer vers la zone 5.100 / 5.060.

Volatilité HV * 21 J. 252 J. VLT
Range moyen * Jour 0.088 Hebdo. 0.179
Range hebdo. max. * 4.986 5.344

* Anticipé

Drapeau AllemagneTaux 10 ans allemand à 3.466

Rendement et future du 10 ans Bund allemand

Pression Acheteur Pression Vendeur

Tendance de fond : Haussière

La pression d’achat prédominante stagne, la pression de vente reste stable mais gagne progressivement en dynamisme.

Pour cette semaine, le rendement du 10 ans allemand devrait tester la zone support 3.569 / 3.545 pour trouver un plancher sur le niveau 3.505 / 3.481.

Ses mouvements haussiers devraient se limiter à la zone de résistance 3.691 / 3.713.

Volatilité HV * 21 J. 252 J. VLT
Range moyen * Jour 0.064 Hebdo. 0.182
Range hebdo. max. * 3.418 3.782

* Anticipé

Drapeau FranceTaux 10 ans français à 4.866

Volatilité HV * 21 J. 252 J. VLT
Range moyen * Jour 0.096 Hebdo. 0.198
Range hebdo. max. * 4.496 4.892

* Anticipé

Drapeau ItalieTaux 10 ans italien à 4.610

EuropeEURUSD à 1.1255

Euro vs Dollar

Pression Acheteur Pression Vendeur

Tendance de fond : Consolidation

La pression d’achat diminue en ralentissant sa vitesse, la pression de vente prédominante glisse en accélérant sa vitesse.

Pour cette semaine, la monnaie unique devrait casser sa zone de résistance 1.1424 / 1.4444 pour trouver un plafond dans la zone 1.1493 / 1.1513.

Ses mouvements baissiers devraient se limiter à la zone support de 1.1353 / 1.1335.

Volatilité HV * 21 J. 252 J. VLT
Range moyen * Jour 0.0055 Hebdo. 0.0152
Range hebdo. max. 1.1239 1.1543

* Anticipé

USSP500 à 7722

SP500

Pression Acheteur Pression Vendeur

Tendance de fond : Haussière

La pression d’achat progresse à un rythme soutenu, tandis que la pression de vente prédominante progresse à un rythme plus contenu.

Pour cette semaine, l’indice devrait tester la zone de résistance 7796 / 7816 pour un mouvement limité à la potentielle zone de résistance 7816 / 7832.

Ses mouvements baissiers devraient se limiter à la zone support 7662 / 7644.

Volatilité HV * 21 J. 252 J. VLT
Range moyen Jour 57 Pts Hebdo. 119 Pts
Range hebdo. max. 7624 7862

* Anticipé

VIX INDEX à 15.31
VIX VIX & SP500 / UST
VIX Cash & Futures Courbe à terme VIX
Smiles options mensuelles Smiles options mensuelles
VOLATILITE IMPLICITE OPTIONS SP500

Variation de la volatilité centrée sur 1 semaine

SPX 16/10/2026 20/11/2026
IV 13.436 ( + 1.892 pts) 14.017 ( + 0.662 pts)
CALL 13.434 ( + 1.880 pts) 14.014 ( + 0.646 pts)
PUT 13.438 ( + 1.904 pts) 14.020 ( + 0.678 pts)
SP P/C + 0.004 ( + 0.024 pts) + 0.006 ( + 0.032 pts)

La volatilité implicite centrée des options SPX a augmenté plus rapidement sur l’échéance octobre que sur novembre.
Comparée à l’indice VIX, la volatilité implicite des options SPX a progressé plus rapidement sur octobre, tandis qu’elle a stagné sur novembre.
Les spreads calendaires à parité (SPX, SPY) ont reculé tout en restant positifs, donnant une prime à la maturité courte.
Le ratio de volatilité à parité Put/Call sur le SPY se replie légèrement sur octobre et stagne sur novembre, tout en restant en territoire négatif.

Maturité octobre Le changement par rapport à la semaine dernière est net. La prime qui s’était fortement concentrée sur les calls très OTM revient cette semaine vers le centre du smile. L’ATM se renchérit tandis que les strikes les plus éloignés perdent de la valeur. Le mouvement est particulièrement marqué sur l’aile droite. Les calls OTM les plus éloignés, qui avaient bénéficié d’un fort re-pricing la semaine précédente, se déprécient nettement. L’écart entre les puts et les calls éloignés augmente, mais avec une baisse plus marqué des calls, et non parce que la protection baissière OTM devient plus chère.
L’aile gauche ne montre d’ailleurs pas de renforcement général. Les puts intermédiaires conservent davantage de valeur, alors que les puts les plus éloignés ne bénéficient pas d’une demande comparable. Le marché ne reprice pas un scénario de forte baisse sur octobre. La baisse de la prime sur les mouvements extrême va dans le même sens, ils sont moins chers relativement aux mouvements proches ou intermédiaires. La prime se déplace des extrémités vers le centre de la distribution.
La structure devient moins directionnelle qu’elle ne l’était la semaine dernière. Le marché paie davantage la possibilité d’un déplacement autour du niveau actuel, et moins son prolongement vers un mouvement extrême, surtout à la hausse.

Maturité novembre Novembre confirme cette évolution, mais de manière plus modérée. L’ATM et les strikes intermédiaires récupèrent de la prime tandis que les extrémités du smile s’affaiblissent. L’aile droite perd également de la valeur, mais sans l’ajustement observé sur octobre. L’aile gauche reste relativement stable dans sa partie la plus éloignée. La baisse de la prime pour les OTM indique là aussi que les scénarios extrêmes sont moins valorisés. La prime se concentre davantage autour de mouvements de taille intermédiaire. Novembre confirme le mouvement observé sur octobre, mais avec une intensité plus faible.

Flux et Positionnement Le mouvement principal est le retrait de la prime qui s’était accumulée sur les calls OTM très éloignés. La revalorisation du scénario de forte hausse observée la semaine dernière est donc en grande partie corrigée. Ce mouvement ne se transforme pas en hausse équivalente d'une demande de puts OTM. Il ne s’agit pas d’un simple transfert de prime de l’aile droite vers l’aile gauche. La prime revient vers l’ATM et les strikes intermédiaires, permettant de couvrir ou de se positionner sur un mouvement modéré conservent de la valeur, alors que les scénarios les plus éloignés sont moins recherchés.
Cela réduit l’importance des couvertures liées aux calls très éloignés. La semaine dernière, une poursuite de la hausse pouvait théoriquement accroître les besoins de couverture des teneurs. Cette mécanique devient moins importante si une partie de cette demande a effectivement été débouclée. Il faut néanmoins rester prudent. La surface permet d’identifier où la prime augmente ou diminue, mais elle ne permet pas de déterminer directement le sens des positions dealers.
Après avoir déterminé le delta du marché à partir de la simple variation des positions ouvertes d’un future sur indice, nous tenions à présenter nos excuses aux animateurs de l'émission BFM Bourse, que nous avions qualifiés de charlatans. Le terme était effectivement mal choisi, "Guignols" est beaucoup plus précis.

Prime de Volatilité La courbe à terme du VIX reste en contango. Le changement se concentre principalement sur la partie courte de la courbe. Le spot et la première échéance se raffermissent relativement au reste des maturités, tandis que le moyen terme reste beaucoup plus stable. Le marché augmente légèrement le prix de la volatilité immédiate sans transmettre ce mouvement à toute la courbe. Cette évolution est cohérente avec ce que montre la surface des options SPX. L’ATM se renchérit alors que les strikes très éloignés perdent de la valeur. Le marché paie davantage la possibilité d’un mouvement à proximité du niveau actuel, mais ne reprice pas dans les mêmes proportions un mouvement extrême.
Il existe néanmoins une différence entre les deux marchés. Les futures VIX conservent davantage de prime sur les échéances futures alors que la surface SPX, retire de la valeur aux ailes. La structure traduit davantage une segmentation du court terme, avec davantage de prime autour du mouvement immédiat et moins de valeur accordée aux scénarios très éloignés.

Perspective Le SPX évolue entre un premier ensemble de supports rapprochés et une zone de résistances située immédiatement au-dessus. Les principaux niveaux de résistance apparaissent à 7779, 7793 et 7816, puis 7980 / 8016. À la baisse, les premiers supports se situent autour de 7719, 7699, 7677 et 7649, avant 7620 et les niveaux plus profonds. La structure des options est cohérente avec cette configuration. La hausse de la volatilité autour de l’ATM accorde davantage de valeur à un déplacement autour de la zone actuelle. En revanche, la baisse de la prime sur les strikes très éloignés montre qu’il ne paie pas davantage un prolongement violent de ce mouvement.
À la baisse, les puts intermédiaires conservent davantage de valeur que les puts OTM. La surface reste donc compatible avec une cassure des premiers supports, mais elle ne montre pas de renforcement marqué du prix d’une baisse plus profonde.
À la hausse, les calls intermédiaires restent valorisés, mais les calls OTM ont perdu une grande partie de la prime acquise la semaine dernière. Le marché continue donc de donner de la valeur à une sortie au-dessus des premières résistances, mais il paie beaucoup moins cher une extension rapide vers les niveaux supérieurs.

L'achat régulier de petits puts OTM ne finit que par nuire au vendeur.